La prophétie du bon père s’est complétement réalisée. Il y a peu de régions sur le globe, qui aient été explorées à un tel point au profit de la science. Outre les plantes utiles du Brésil dues au regrettable Auguste de St. Hilaire, on a aujourd’hui la Flora brasiliensis de l’illustre Martius qui a donné également la materia medica de ce vaste pays. Nous craindrions de fatiguer l’esprit du lecteur par une aride nomenclature, en accumulant ici les titres de livres spéciaux. Nous nous contenterons de faire observer que les Brésiliens ont apporté eux-mêmes leur large part à cet ensemble de travaux scientifiques. Il suffit de nommer ici les mémoires publiés en ces derniers temps par M. Freyre Allemão et l’immense recueil demeuré malheureusement imparfait, qui porte le titre de Flora fluminensis.
[100] Ceste tache est appelee par les indiens Aïpian, c’est-à-dire la mère pian. p. 120.
Cette funeste maladie, si voisine de la syphilis, si elle n’est la syphilis elle-même se trouve décrite également dans la France antarctique d’André Thevet, livre publié à Paris en 1558 (voy. à la p. 86). Jean de Lery en décrit aussi les symptômes. Il est donc évident qu’on ne saurait attribuer aux noirs de la Guinée une affection si répandue chez les Américains.
[101] Ils le devalent doucement au fond. p. 126.
Le P. Yves est ici d’une rigoureuse exactitude dans tout ce qu’il dit sur les funérailles des Indiens. Lery et Thevet se trouvent complétement d’accord avec lui. Ce dernier a donné une excellente planche représentant un Tupinamba, qu’on descend au tombeau. (Voy. p. 82 au verso.)
[102] Cosins du Petun. p. 126.
Il faut lire ici Cofins. Les Tupinambas n’omettaient point en effet dans leurs singulières prévisions une certaine quantité de tabac destinée au mort, de même qu’on lui apportait des viandes, du poisson, des racines de Cara et de la farine de Manioc. Tout ce que le P. Yves raconte dans ce chapitre est de la plus grande exactitude et l’on peut examiner sur ce sujet deux images naïves que reproduisent la France antarctique de Thevet et le Voyage de Lery.
[103] Tapouitapere, Comma et Caietez. p. 130.
Les Tapouïtapères qui empruntaient leur nom à une localité du Maranham étaient-ils les longs cheveux ? Ils appartenaient à la race Tupique, puisque Migan, l’interprète Dieppois, entendait leur langage, il en était de même des Comma, ou Indiens de la bourgade portant ce nom. Les Cahétes formaient au XVIme siècle, une nation essentiellement belliqueuse, occupant la plus grande partie du territoire de la province de Pernambuco. Ce peuple parlait la langue Tupique ou lingoa geral. On trouvera les plus curieux renseignements sur son organisation intérieure, dans le Roteiro do Brazil, ms. de la bibl. imp. de Paris. Il est reconnu aujourd’hui que ce livre si remarquable, composé en 1587, par Gabriel Soares, est le travail le plus complet qui existe sur les diverses tribus du Brésil existant encore à l’époque où vivait le P. Yves. L’Académie des Sciences de Lisbonne en avait reconnu depuis longtemps l’importance et l’avait fait imprimer dans ses Noticias das nações ultramarinas, lorsque M. Adolfo de Varnhagen collationnant entre eux tous les manuscrits revêtus de titres divers, mais dus au même auteur, en donna une nouvelle édition bien supérieure à toutes les autres : elle a paru sous ce titre : Tratado descriptivo do Brazil em 1587, obra de Gabriel Soares de Souza, Senhor de Engenho da Bahia nella residente dezesete annos, seu vereador da Camara. Rio de Janeiro, 1851, in-8.
[104] Tous se sauverent en certaines islettes inhabitees, horsmis un François qui fut emporté en nageant par les poissons Rechiens. p. 132.