Le P. Yves suit toujours cette vicieuse orthographe pour désigner le requin. Ou a dû écrire primitivement requiem : S’il est vrai que le nom imposé à ce squale vorace vienne de la rapidité avec laquelle il donne la mort.

[105] Les Joueurs de Maraca. p. 133.

Le Maraca dont il a été si souvent question était un instrument symbolique, dont on faisait usage dans les cérémonies sacrées et dans les fêtes. Le garde des curiosités du roi, Thevet, en a donné une description excellente dans ses manuscrits inédits. On ne sera pas fâché de la retrouver dans ce volume : « Tenant à leur main, un ou deux Maracas, qui est un fruit gros, fait en ovale, comme un œuf d’austruche et grand comme une moyenne citrouille, lequel fruict, n’est pas bon à manger, mais est fort plaisant à veoir, ils en font certain mystère et superstition la plus estrange qu’on saurait penser. Car, ayant creusé ce fruict par le mytan, ils vous remplissent de certaines graines de millet gros comme pois, puis le fichent dans un bout de bâton, et enrichy qu’il est de beau plumage, ils le plantent tout de bout en terre. Chaque mesnage en a un ou deux, qu’ilz reverent comme si c’estoit leur Toupan, le tenant à la main lorsqu’ils dansent et le faisant sonner : penseriez que c’est Toupan qui parle à eux. » (Ms. d’André Thevet conservés à la bibl. imp. de Paris.) Hans Staden, Lery, Roulox Baro ont consacré des pages nombreuses au Maraca, Malherbe lui-même parle de ceux qu’il entendit à Paris, lorsqu’on baptisa les trois Indiens dont Louis XIII fut le parrain.

Arrivés à Paris, au couvent de leurs protecteurs, les Tupinambas revêtus de leurs beaux atours, armés de Maracas firent fureur à la cour. On se passionna même pour leurs danses, je dirais presque pour leur musique. Il serait curieux de retrouver aujourd’hui, la Sarabande que le fameux Gauthier fit en leur honneur. Malherbe écrivait au célèbre Peiresc qu’il l’envoyait à Marc Antoine et il ajoutait : « On la tient pour une des plus excellences pièces que l’on puisse ouïr. » (Voy. Correspondance, p. 285 de l’ancienne édit.) Douze pages plus loin, Malherbe revient sur la pièce en vogue et sur son auteur : « Gauthier est tenu le premier du métier ; je ne sais s’il aura réussi et si le goût de la province se conformera à celui de la cour. »

On ne se contenta pas d’associer les pauvres sauvages à d’étranges amusements, on prétendait les fixer en France. Le poëte dit p. 275 : « Les Capucins pour faire la courtoisie complète à ces pauvres gens sont après à faire résoudre quelques dévotes à les espouser à quoi je crois qu’ils ont déjà bien commencé, » mais tandis que l’on accueillait si bien les guerriers du Maranham, leurs femmes ne jouissaient pas de la même faveur. Une certaine princesse dont le poète tait le nom en avait pris une opinion étrange et nous renvoyons pour ce fait à la p. 264 : « Elle dit que pour eux elle est bien contente de leur donner à dîner, mais que Mesdames leurs femmes ne pouvaient être que… vous m’entendez bien et ne les veut pas recevoir chez elle. »

[106] Du voyage du capitaine Maillar. p. 134.

Il est extrêmement curieux de voir que cette expédition envoyée en reconnaissance, sur les rives fertiles du Mearim, y constata dès lors, que les terres y étaient essentiellement propres à la culture de la canne à sucre, c’est aujourd’hui celle qui emploie tous les bras et il y a environ 15 ans que cette révolution agricole s’est faite sous l’influence de M. Franco de Sá. La charrue dédaignée si longtemps sillonne enfin ce sol admirable.

[107] Des moitons. p. 136.

Il faut lire Mutum (prononcez Moutoum) ; la plus petite espèce était désignée sous le nom de Mutum Pinima. Voy. le dict. Tupy de Gonçalvez Dias. Il s’agit ici du Hocco Crax Alector : Gibier fort recherché. La société impériale d’acclimatation fait en ce moment les plus louables efforts pour naturaliser cet oiseau du Brésil et de la Guyane en France.

[108] Des Tonins francs. p. 136.