C’est la jolie espèce de perruche, qu’on connaît au Brésil sous le nom de Tui. Elle forme parfois des volées si considérables, qu’elle devient alors un des fléaux de l’agriculture.
[109] Il souffloit la fumee sur ces sauvages, disant : Prenez la force de mon esprit. p. 137.
Jean de Lery est entré dans les détails les plus curieux sur la fête solennelle durant laquelle on soufflait l’esprit de courage aux guerriers, prêts à partir pour une expédition. L’une des planches de son livre représente même cette cérémonie. Chez toutes les tribus de la race tupique, le tabac était considéré comme une plante sacrée. Nous avons réuni tout ce qu’on savait il y a quelques années sur les origines du Petun, dans notre lettre à M. Alfred Demersay, sur l’introduction du tabac en France. (Voy. Etudes économiques sur l’Amérique méridionale. Du Tabac du Paraguay. Paris, Guillaumin, 1851, in-8.)
[110] Des branches de palme piquante surnommé Toucon. p. 137.
C’est le palmier que les Brésiliens appellent Tucum. On peut consulter à ce sujet la magnifique monographie des palmiers de Martius. Le Tucum offre des fibres vertes et tendres, au moyen desquelles on se procure un fil excellent qui sert à fabriquer des filets.
[111] Après la procession ils caouinoient jusqu’au crever. p. 137.
Yves d’Evreux n’hésite pas ici avec sa naïveté habituelle, à fabriquer un verbe tiré de la langue des Indiens. Des bords de l’Orénoque jusqu’au Rio de la Plata, le caouin était fabriqué en quantités immenses. Qu’elle se préparât avec du maïs maché par les femmes, ou bien avec du manioc, du cajou et même de la jabuticaba, cette espèce de bière (de cidre si on le préfère), portait en tout lieu le même nom. Nous retrouvons cette fabrication et le nom qui la désigne jusque parmi les Araucans. (Voy. l’important voyage au Chili de M. Claudio Gay.) Le mot caouin a franchi des espaces immenses, les procédés par lesquels on l’obtient sont en tout lieu les mêmes, et il atteste une étroite parenté entre les peuples les plus éloignés les uns des autres. Hans Staden, Lery, Thevet, en ont signalé l’abus, et nous renvoyons à leurs curieuses relations. Ce que nos vieux voyageurs appelaient Caouïnage ; constituait après tout une solennité dont le sens religieux nous échappe encore. Ces orgies précédaient parfois, les grandes expéditions ou leur succédaient. Le vin d’Europe s’appelle aujourd’hui Caouin Pyranga et l’eau-de-vie si fatale à la race indienne Caouin Tata, boisson de feu.
[112] Des Tapinambos de l’isle, estans allez en ces quartiers spécialement pour y pescher furent assaillis des Tremenbaiz. p. 139 et 140.
Le nom de cette nation si peu connue, qui se présente sous la plume du P. Yves, est un garant de l’exactitude qu’il met dans ses récits. Il y avait encore en 1817, quelques Tramenbez mêlés à des cultivateurs de la race blanche au Ciará ; ils s’occupaient de la culture du manioc et vivaient dans le village de Nossa Senhora da Conceição d’Almofalla. Il y avait dans le district qu’ils habitaient des salines abandonnées. (Voy. Ayres de Cazal Corografia brasilica. T. 2, p. 235.) Le P. Yves vante la valeur et l’industrie de ces Indiens (p. 142), ils étaient ennemis jurés des Tupinambas.
[113] Japy Ouassou fut le conducteur de cette armee. p. 140.