Nous prenons ce chef fameux au moment où il est revêtu du commandement. C’est la figure indienne qui domine les deux relations, celle du P. Claude d’Abbeville et celle du P. Yves. Son nom signifie le gros troupiale. Dans la lingoa geral le mot japim est la dénomination de ce joli oiseau à plumage jaune et noir qui va par bandes nombreuses et qui fabrique de toutes parts des nids si pittoresques. On pourrait aussi lui trouver une autre signification. Japy signifie dans la langue indienne parlée au Maranham, le heurt, le coup. (Voy. Gonçalvez Dias Diccionario.) La première explication est la seule adoptée. Japy-Ouassou était ce qu’on appelait un mitagaya, un grand guerrier.
[114] Avec Giropary Ouassou c’est-à-dire le grand diable prince et roy d’une grande nation de Canibaliers. p. 141.
Le P. Yves se laisse beaucoup trop aller ici à ses souvenirs de l’Europe. Giropary Assou, dont il est en effet question dans les écrivains portugais, n’avait rien de commun avec un prince ou un roi, tels qu’on se les figurait dans la hiérarchie adoptée alors par presque tous les états de l’ancien monde. Cette erreur du reste, avait été déjà répandue bien longtemps auparavant, par André Thevet dans sa France antarctique et dans sa Cosmographie. L’historien du Portugal, La Clède, qui vivait au XVIIIme siècle, va plus loin encore dans l’énumération des titres pompeux qu’il accorde à quelques pauvres chefs de tribus.
[115] Quelques Couïs. p. 142.
Sous le nom de Couy on désigne journellement au Brésil des vases légers, obtenus des fruits du calebassier. C’est ce qu’on appelle au Venezuela des Tutumas (prononcez Toutoumas). Quelques-uns de ces vases naturels présentent une délicate ornementation, et des couleurs inattaquables à l’eau, qui sont d’un grand éclat. (Voy. à ce sujet Claude d’Abbeville, Histoire de la mission des pères Capucins.)
[116] La troisiesme raison est pour cueillir l’ambre gris que les Tapinambos appellent Pirapoty, c’est-à-dire fiante de poisson. p. 143.
Ceci est confirmé par ce que nous apprend Magalhães de Gandavo, le premier écrivain portugais, qui ait donné une histoire régulière du Brésil en 1576. Cet ami de Camoens rappelle l’expression indienne dont se sert ici le P. Yves, mais il ne partage point son opinion, et suppose que l’ambre est un produit végétal qui se forme au fond de la mer. Ce qu’il y a de certain c’est qu’au XVIme et au XVIIme siècle, la rencontre presque toujours fortuite d’énormes morceaux d’ambre jetés par les vagues sur des plages inexplorées, enrichissait nombre de gens.
[117] Quant au voyage d’Ouarpy, qui est une riviere et contree à cent vingt lieues de l’isle. p. 146.
Nous avons inutilement demandé ce nom au livre d’Ayrès de Cazal et au dictionnaire de M. Millet de St. Adolphe. La région qu’il désigne ayant pour habitans les Cahetès, nous avons la certitude qu’il faut la chercher dans la province de Pernambuco. Le mot Cahetès signifie du reste les grandes forêts et s’appliqua à diverses localités. C’étaient bien les Cahetès, qui avaient sacrifié et dévoré en 1556, le premier évêque du Brésil D. Pedro Fernandez Sardinha. Ce savant prélat, né a Setuval et élevé à l’université de Paris, retournait alors à Lisbonne, où il allait porter ses plaintes contre le gouverneur de Bahia. On montre encore le tertre sur lequel il reçut la mort. Rien n’y peut croître à ce qu’affirme la légende populaire. (Voy. Adolfo de Varnhagen, Historia geral do Brazil.) Le livre de Gabriel Soarez renferme tous les détails désirables sur les Cahetès, ces Indiens considérés partout comme des guerriers invincibles, se vantaient d’être d’habiles musiciens. L’exploration d’Ouarpy dont il est ici question et qu’entreprit M. de Pezieux est une preuve évidente du soin qu’on mit à reconnaître cette vaste région, on la fit parcourir du nord au sud.
[118] Je me suis laissé dire qu’il y a en tous ces pays-là une grande quantité de mines d’or meslé de cuivre et d’argent meslé de plomb. p. 146.