Ces mines d’or, que l’on espérait rencontrer au Maranham dès l’année 1613, et qu’on ne découvrit point alors, existent cependant dans des montagnes qu’on désigne sous le nom de Maracassumé. Le métal précieux se rencontre surtout à Piranhas (district de Sancta Helena) aux sources des Rios Pindaré, de Gurupy, Cabello de Velha (Cururupu), Prata (Sancta Helena), à Revirada, sur les rives du Tomatahy etc. etc., mais il est peu abondant. Il y a du cuivre à la Chapada dans un endroit désigné sous le nom de Fasendinha et dans le haut Pindaré ; le fer est plus répandu. Il apparaît dans les montagnes de Tirocambo et à Pastos-boms. On suppose aussi qu’il y a des mines d’étain dans la province, mais le fait a besoin d’être vérifié. Un minéral bien précieux dans l’état actuel de l’industrie se montre au Maranham. Nous voulons parler du charbon de terre ; on en a trouvé des indices dans le canal d’Arapapahy et l’on affirme qu’une mine de houille a été ouverte à une demi lieue de Villa de Codó à la ferme de Sanct Antonio. Les échantillons qu’on en a tirés sont même, dit-on, d’une qualité supérieure. La même chose pourrait être affirmée à ce que l’on assure d’un canton appelé Vinhaes. Il y a également du cristal de roche et des pierres semi précieuses à San Jozé dos Mattões. Des saphirs se sont montrés sur le versant de la chaîne de San Bernardo do Parnahyba.

Nous rappellerons en passant, que les premières mines d’or ou pour mieux dire les premiers lavages aurifères, destinés à enrichir le Brésil, ne furent découverts à Minas Geraës qu’en 1595. Ce ne fut pas par les provinces du nord, que la métropole eut alors connaissance des richesses métalliques de ce vaste territoire : ce fut par la côte orientale où se rendent le rio Doce et le rio Jiquitinhonha. On sait que ce dernier fleuve qui prend le nom de Belmonte, au moment où il se jette dans la mer à peu de distance du premier, fournit également depuis, une énorme quantité de diamants à la couronne. Ces pierres, que l’on rencontra vers 1729 surtout dans la vallée entourée de roches escarpées, que l’on appelait Ivitur et que les Portugais baptisèrent du nom de Cerro do frio, n’étaient pas complétement dédaignées par les Indiens : les enfants les ramassaient et s’en servaient comme de jouets. Il n’y a pas de diamants au Maranham.

[119] Des singularitez de quelques arbres du Maranham. p. 158.

Le P. Yves se montre ici très incomplet, mais il ne faut pas oublier qu’il était naturaliste, comme l’était un théologien de son temps ; son prédécesseur a mis d’ailleurs moins de brièveté dans ses descriptions. Ce qu’il dit de quelques mimosa, indique sa préoccupation de certains phénomènes naturels. Les qualités malfaisantes, qu’il reconnaît au suc du Cajou, dont on fait une sorte de cidre, sont fort exagérées. Nous dirons en passant que le mot caouïn tire son origine du nom indien de cet arbre. Cajú-y, liqueur du Cajú.

[120] Il y a des espines que vous diriez estre creées de Dieu, pour représenter le Mystere de la Passion. p. 163.

La fleur de la passion (Grenadilla Cærulea) dans l’ensemble de laquelle une imagination prévenue trouve les saints attributs, jouissait alors d’une faveur prodigieuse. On la décrivait dans nombre d’écrits, on la gravait en exagérant les points de similitude qu’elle pouvait avoir avec les instruments de supplice de Jésus-Christ. Yves d’Evreux en rencontra de magnifiques dans les campagnes brésiliennes, et il les signala aux amateurs de fleurs splendides. Quelques années plus tard, il eût certainement emprunté du poète populaire du Brésil, Santa Rita Durão, la description poétique que celui-ci en donne dans son poème intitulé : Le Caramurú. Nous signalons aux amateurs des flores fantastiques, une gravure du XVIIme siècle infiniment curieuse, qui reproduit la plante de grandeur naturelle, elle est figurée dans le volume suivant : Antonii Possevini Mantuani Societatis Jesu cultura ingeniorum, examen ingeniorum Joannis Huartis. Expenditur Coloniae Agrippinae, 1610, in-12.

[121] J’ay remarqué une singularité és Courlieus rouges. p. 164.

Le Guara (Ibis rubra, ou Tantalus ruber) a disparu en partie, des portions du littoral, où il venait étaler son brillant plumage, soumis cependant selon l’âge de l’oiseau, à tant de modifications. On voit dans le curieux voyage de Hans Staden publié en Allemagne dès l’année 1557, quel rôle le pennage de ce brillant phénicoptère jouait dans l’industrie indienne. Les Tupinambas entreprenaient à certaines époques fixes de véritables expéditions pour se procurer ses dépouilles, toujours trop rares, pour les fêtes que se donnaient les tribus entre elles. Les plumes du Guara étaient remplacées au besoin, par celles de la poule commune, qu’on teignait au moyen de la teinture vermeille de l’Ibirapitanga ou bois du Brésil. De nos jours le Guara s’est réfugié sur les bords peu fréquentés du Rio São Francisco, et on le rencontre surtout dans les régions encore inoccupées que baigne le Rio Negro. On en voit encore beaucoup au sud, sur les bords de la lagoa dos patos. On en trouve également à Guaratuba. (Voy. le second voyage d’Aug. St. Hilaire. T. 2, p. 222.)

[122] Le grand Thion tombé malade. p. 169.

Le mot Téon signifie la mort en Tupi.