L’année dont la lettre dominicale était Cauac et le présage Hozanek, après qu’on avait élu le chef de la fête, on fabriquait pour la célébrer l’image du dieu nommé Ek-u-Uayeyab: on la portait aux massifs de pierre du côté du couchant, où on l’avait laissée l’année d’avant. On moulait en même temps la statue d’un dieu appelé Uac-Mitun-Ahau, que l’on plaçait, comme d’ordinaire, dans le lieu le plus convenable de la maison du chef. De là ils se dirigeaient tous ensemble à l’endroit où se trouvait l’image d’Ek-u-Uayeyab, ayant soin préalablement d’orner le chemin: en arrivant, les seigneurs et le prêtre l’encensaient, suivant l’usage, et coupaient le cou à une poule. Cela fini, ils prenaient la statue sur un brancard nommé Yaxek[164], en lui mettant sur les épaules une calebasse avec un homme mort, et par-dessus un oiseau cendré, qu’ils appelaient Kuch[165], en signe de grande mortalité; car cette année était tenue pour fort mauvaise.
Ils l’emportaient ensuite de cette manière, avec une dévotion mêlée de tristesse, en exécutant quelques danses, entre lesquelles il y en avait une qui était comme les crottées[166], qu’ils appelaient Xibalba-Okot, ce qui signifie danse des démons[167]. Dans l’intervalle, les échansons arrivaient avec la boisson des seigneurs, que ceux-ci buvaient au lieu où était la statue de Uac-Mitun-Ahau et mettaient vis-à-vis d’elle l’image dont ils étaient chargés. Aussitôt commençaient les oblations, les encensements et les prières; un grand nombre se tiraient du sang de diverses parties du corps et en oignaient la pierre de l’idole, appelée Ekel-Acantun. Ainsi passaient les jours néfastes, à la suite desquels on portait Uac-Mitun-Ahau au temple et Ek-u-Uayeyab du côté du midi, où on devait le retrouver l’année suivante.
Cette année, signalée par le caractère Cauac et où dominait le Bacab-Hozanek, outre la mortalité dont elle était menacée, était particulièrement regardée comme fatale: on disait que les ardeurs extrêmes du soleil détruiraient les plantations de maïs, sans compter la multiplication des fourmis et des oiseaux qui allaient dévorer le reste des semailles; cependant, ajoutait-on, ces calamités ne devant pas être tout à fait générales, il y aurait quelques endroits où l’on trouverait des subsistances, quoique avec un grand travail. Pour conjurer ces fléaux, ils faisaient, à l’instigation du démon, quatre idoles nommées Chichac-Chob, Ekbalam-Chac, Ahcan-Uolcab et Ahbuluc-Balam[168]: après les avoir colloquées dans le temple, où ils les encensaient, comme de coutume, ils leur présentaient deux pelotes de la résine nommée kik, afin de les brûler, quelques iguanes, du pain et une mitre, avec un bouquet de fleurs et une pierre dont ils faisaient grand cas. En outre, ils élevaient, pour la célébration de cette fête, une grande voûte de bois dans la cour, la remplissant de bois à brûler en haut et sur les côtes, en y laissant toutefois des issues pour pouvoir entrer et sortir. La plupart des hommes prenaient ensuite, chacun en particulier, des faisceaux de longues baguettes fort sèches, et, tandis qu’un musicien, monté au sommet du bûcher, chantait en battant du tambour, tous dansaient avec beaucoup d’ordre et de dévotion, entrant et sortant l’un après l’autre de dessous le bûcher; ils continuaient ainsi à danser jusqu’au soir que, laissant leurs faisceaux, ils rentraient chez eux pour se reposer et manger.
A la nuit tombante, ils retournaient accompagnés de beaucoup de monde; car cette cérémonie était tenue en grande estime parmi eux. Chacun, prenant alors son faisceau, l’allumait et mettait le feu au bûcher, qui prenait aussitôt et brûlait rapidement[169]. Du moment qu’il n’y avait plus qu’un brasier, ils l’étendaient au large, et ceux qui avaient dansé se réunissaient à l’entour: les uns se mettaient à passer pieds nus sur la braise ardente, les autres à courir d’un bord à l’autre, plusieurs réussissant à faire la traverse sans aucun mal, plusieurs se brûlant en partie ou en totalité, s’imaginant ainsi conjurer les fléaux qu’ils redoutaient et détourner l’effet des pronostics sinistres de l’année, dans la persuasion que rien ne pouvait être plus agréable à leurs dieux que cette sorte de sacrifice. Cela fini, ils s’en allaient chez eux pour boire et s’enivrer; car ainsi l’exigeaient à la fois et la coutume de la fête et l’ardeur du feu.
§ XXXIX.—Esplica el autor varias cosas del calendario. Su intento al dar estas noticias.
Con las letras de los indios puestas atras en el capitulo CX, ponian a los dias de sus meses nombres, y de todos juntos los meses hazian un modo de calendario, con el qual se reglan assi para sus fiestas como para sus cuentas y tratos y negocios, como nosotros nos regimos con el nuestro, salvo que no començavan el primero dia de su calendario en el primero dia de su año, sino muy adelante; lo qual hazian por la dificultad con que contavan los dias de los meses todos juntos, como se vera en el proprio kalendario que aqui porne; porque aunque las letras y dias para sus meses son XX, tienen en costumbre de contarlas desde una hasta XIII. Tornan a començar de una despues de las XIII, y assi reparten los dias del año en XXVII trezes y IX dias sin los aciagos.
Con estos retruecanos y embaraçosa cuenta es cosa de ver la liberalidad con que los que saben cuentan y se entienden, y mucho de notar que salga siempre la letra que es dominical en el primero dia de su año, sin errar ni faltar, ni venir a salir otra de las XX alli. Usavan tambien deste modo de contar para sacar destas letras cierto modo de contar que tenian para las edades y otras cosas que aunque son para ellos curiosas, no nos hazen aqui mucho al proposito; y por esso se quedaran con dezir que el caracter o letra de que començava su cuenta de los dias o kalendario, se llama Hun-Ymix y es este
el qual no tiene dia cierto ni señalado en que caiga. Porque cada uno le muda la propia cuenta y contado esso no falta el salir la letra que viene por dominical el primero del año que se sigue.