Mais, comme il n’y a aucune nécessité de placer en un endroit le calendrier et dans un autre les fêtes, je joindrai celles-ci à chacun de leurs mois, avec les observances et cérémonies qui en accompagnaient la célébration, gardant ainsi la promesse que j’ai faite ailleurs de donner leur calendrier: je dirai avec quels jeûnes et quels rites ils fabriquaient leurs idoles de bois, ainsi que d’autres choses; bien entendu que toutes ces notions, ainsi que celles que j’ai déjà données sur ce pays, n’ont d’autre fin, dans mon esprit, que de rendre grâces à la bonté divine qui les a tolérées et a tenu à bien d’y remédier en notre temps. C’est pour cela qu’y portant notre attention avec des entrailles chrétiennes, nous la supplions pour ces peuples, pour leur conservation et leur avancement dans la bonne doctrine du christianisme, et pour que ceux qui ont la charge de leurs âmes, les favorisent et les aident, afin que, pour leurs propres péchés ou les nôtres, le secours ne vienne pas à leur manquer, ou qu’ils ne tombent pas dans la voie, après avoir commencé à y marcher, et qu’ainsi ils ne retournent point aux misères et aux vomissements de leurs erreurs; que leur condition ne soit pas pire qu’auparavant, par le retour des démons aux maisons de leurs âmes, d’où nous avons travaillé si péniblement à les chasser, les purifiant de leurs vices et de leurs mauvaises coutumes passées. Et ce n’est certes pas trop nous avancer que d’exprimer une telle crainte, quand nous voyons la perdition qu’il y a depuis tant d’années dans la grande et chrétienne Asie, ainsi que dans la bonne, catholique et très-auguste Afrique, les misères et calamités qui aujourd’hui affligent notre Europe, dans une nation et des maisons, dont nous pourrions dire en effet que se sont accomplies à notre égard les prophéties évangéliques sur Jérusalem[176]; que ses ennemis l’environneraient de toutes parts et la presseraient jusqu’à ce qu’elle tombât par terre. Or, tout cela Dieu l’aurait déjà permis, sinon que son Église ne peut manquer, non plus que ce qui est dit d’elle: Nisi Dominus reliquisset semen, sicut Sodoma fuissemus.
§ XL.—Comiença el kalenderio romano y yucatanense.
§ XL.—Ici commence le calendrier romain et yucatèque.
| 1ᵉʳ | Janvier. | XII | BEN. | 10ᵉ jour du mois Chen[177]. Suivant ce qu’ils disaient, ils travaillaient dans une grande crainte, à former les dieux. Une fois que les idoles étaient achevées et perfectionnées, celui qui en était le possesseur faisait à ceux qui les avaient modelées un présent, le meilleur possible, d’oiseaux, de gibier et de monnaie, afin de payer leur travail. On enlevait les idoles de la cabane où elles avaient été fabriquées, et on les portait dans une autre cabane en feuillages, érigée à ce dessein dans la cour, où le prêtre les bénissait avec beaucoup de solennité et de ferventes prières, les artistes s’étant nettoyés préalablement de la suie dont ils s’étaient frottés, en signe de jeûne, disaient-ils, pour tout le temps qu’ils restaient à l’œvre. Ayant ensuite chassé le mauvais esprit, comme à l’ordinaire, et brûlé de l’encens béni, ils plaçaient dans une corbeille les nouvelles images, enveloppées d’un linge, et les remettaient à leur possesseur, qui les recevait avec beaucoup de dévotion. Le bon prêtre prêchait ensuite aux artistes quelques instants sur l’excellence de leur profession, celle de faire des dieux nouveaux, et sur le danger qu’il y aurait pour eux d’y travailler sans garder les préceptes de l’abstinence et du jeûne. A la suite de tout cela, ils prenaient ensemble un repas abondant et buvaient encore mieux. |
| 2 | — | XIII | YX. | |
| 3 | — | I | MEN. | |
| 4 | — | II | CIB. | |
| 5 | — | III | CABAN. | |
| 6 | — | IV | EZANAB. | |
| 7 | — | V | CAUAC. | |
| 8 | — | VI | AHAU. | |
| 9 | — | VII | YMIX. | |
| 10 | — | VIII | IK. | |
| 11 | — | IX | AKBAL. | |
| 12 | — | X | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Yax. Quel que fût celui des deux mois Chen et Yax dont le prêtre signalait le jour, ils célébraient une fête appelée Ocna, ce qui veut dire rénovation du temple en honneur des Chac, qu’ils regardaient comme les dieux des champs. Dans cette fête, ils consultaient les pronostics des Bacab, ainsi qu’il est dit plus au long aux chapitres CXIII, CXIIII, CXV et CXVI[178], et suivant l’ordre déjà y mentionné. Ils célébraient cette fête chaque année. En outre, ils renouvelaient alors les idoles de terre cuite et leurs brasiers; car il était d’usage que chaque idole eût son petit brasier où l’on brûlait son encens, et, si on le trouvait nécessaire, on lui bâtissait une maison nouvelle, ou bien on la renouvelait, en ayant soin de placer dans le mur d’inscription commémorative de ces choses, écrite dans leurs caractères[179]. |
| 13 | — | XI | CHICCHAN. | |
| 14 | — | XII | CIMI. | |
| 15 | — | XIII | MANIK. | |
| 16 | — | I | LAMAT. | |
| 17 | — | II | MULUC. | |
| 18 | — | III | OC. | |
| 19 | — | IV | CHUEN. | |
| 20 | — | V | EB. | |
| 21 | — | VI | BEN. | |
| 22 | — | VII | YX. | |
| 23 | — | VIII | MEN. | |
| 24 | — | IX | CIB. | |
| 25 | — | X | CABAN. | |
| 26 | — | XI | EZANAB. | |
| 27 | — | XII | CAUAC. | |
| 28 | — | XIII | AHAU. | |
| 29 | — | I | YMIX. | Ici commence le comput du calendrier des Indiens, disant dans leur langue Hun Ymix. |
| 30 | — | II | IK. | |
| 31 | — | III | AKBAL. | |
| 1ᵉʳ | Février. | IV | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Zac. En un des jours de ce mois Zac, que le prêtre signalait, les chasseurs célébraient une autre fête, comme celle qu’ils avaient célébrée au mois Zip. Celle-ci avait lieu actuellement, afin d’apaiser le courroux des dieux contre eux et leurs semailles, à cause du sang qu’ils répandaient durant la chasse; car ils regardaient comme chose abominable toute effusion de sang, en dehors de leurs sacrifices[180]: aussi n’allaient-ils jamais à la chasse, sans auparavant invoquer leurs idoles et leur brûler de l’encens; et s’ils le pouvaient ensuite, ils leur barbouillaient le visage du sang de leur gibier. |
| 2 | — | V | CHICCHAN. | |
| 3 | — | VI | CIMI. | |
| 4 | — | VII | MANIK. | |
| 5 | — | VIII | LAMAT. | |
| 6 | — | IX | MULUC. | |
| 7 | — | X | OC. | |
| 8 | — | XI | CHUEN. | |
| 9 | — | XII | EB. | |
| 10 | — | XIII | BEN. | |
| 11 | — | I | YX. | |
| 12 | — | II | MEN. | |
| 13 | — | III | CIB. | |
| 14 | — | IV | CABAN. | |
| 15 | — | V | EZANAB. | |
| 16 | — | VI | CAUAC. | |
| 17 | — | VII | AHAU. | Quelque jour que tombât ce septième Ahau, ils célébraient une fort grande fête, qui se continuait pendant trois jours, avec des encensements, des offrandes et une orgie assez respectable; mais comme c’était une fête mobile, les prêtres avaient soin de la publier d’avance, afin que chacun pût jeûner, selon son devoir. |
| 18 | — | VIII | YMIX. | |
| 19 | — | IX | IK. | |
| 20 | — | X | AKBAL. | |
| 21 | — | XI | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Ceh. |
| 22 | — | XII | CHICCHAN. | |
| 23 | — | XIII | CIMI. | |
| 24 | — | I | MANIK. | |
| 25 | — | II | LAMAT. | |
| 26 | — | III | MULUC. | |
| 27 | — | IV | OC. | |
| 28 | — | V | CHUEN. | |
| 1ᵉʳ | Mars. | VI | EB. | |
| 2 | — | VII | BEN. | |
| 3 | — | VIII | YX. | |
| 4 | — | IX | MEN. | |
| 5 | — | X | CIB. | |
| 6 | — | XI | CABAN. | |
| 7 | — | XII | EZANAB. | |
| 8 | — | XIII | CAUAC. | |
| 9 | — | I | AHAU. | |
| 10 | — | II | YMIX. | |
| 11 | — | III | IK. | |
| 12 | — | IV | AKBAL. | |
| 13 | — | V | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Mac. L’un ou l’autre jour de ce mois Mac, les gens âgés et la plupart des vieillards célébraient une fête aux Chac, dieux de l’abondance, ainsi qu’à Yzamma. Quelques jours auparavant, ils faisaient la cérémonie suivante, qu’ils appelaient dans leur langue Tuppkak[181]. Ayant réuni tous les animaux, reptiles et bêtes dans les champs qu’ils avaient pu trouver dans le pays, ils s’assemblaient dans la cour du temple, les Chac[182] avec le prêtre prenant les coins, pour chasser le mauvais esprit, suivant l’usage, chacun d’eux ayant à côté de lui une cruche remplie d’eau qu’on lui apportait. Debout, au centre, se trouvait un énorme fagot de bois menu et sec, auquel ils mettaient le feu, après avoir jeté de l’encens dans le brasier: tandis que le bois brûlait, ils arrachaient à l’envi le cœur aux animaux et aux oiseaux et les jetaient dans le feu. S’ils avaient été dans l’impossibilité de prendre de grands animaux du genre des tigres, des lions ou des caïmans, ils en imitaient les cœurs avec de l’encens; mais s’ils les avaient, ils leur arrachaient également le cœur pour le livrer au feu et le brûler. Aussitôt que tous ces cœurs étaient consumés, les Chac éteignaient le feu avec l’eau contenue dans les cruches. Le but de ce sacrifice et de la fête suivante était d’obtenir ainsi de l’eau en abondance pour leurs semailles, durant l’année. Ils célébraient toutefois cette fête d’une manière différente des autres; car, pour celle-ci, ils ne jeûnaient point, à l’exception du bedeau de la confrérie qui faisait pénitence. Au jour convenu pour la célébration, tout le peuple se réunissait avec le prêtre et les officiers dans la cour du temple, où on avait érigé une plate-forme en pierre, avec des degrés pour monter, le tout bien propre et orné de feuillage. Le prêtre donnait de l’encens préparé d’avance au bedeau qui le brûlait dans le brasier, ce qui suffisait pour chasser le mauvais esprit. Cela terminé, avec la dévotion accoutumée, ils frottaient le premier degré de la plate-forme avec de la vase du puits ou de la citerne, et les autres avec de la couleur bleue; ils l’encensaient à plusieurs reprises et invoquaient les Chac avec des prières et des cérémonies, leur offrant des dons. En finissant, ils se réjouissaient, mangeant et buvant les oblations, pleins de confiance dans le résultat de leurs rites et de leurs invocations pour cette année. |
| 14 | — | VI | CHICCHAN. | |
| 15 | — | VII | CIMI. | |
| 16 | — | VIII | MANIK. | |
| 17 | — | IX | LAMAT. | |
| 18 | — | X | MULUC. | |
| 19 | — | XI | OC. | |
| 20 | — | XII | CHUEN. | |
| 21 | — | XIII | EB. | |
| 22 | — | I | BEN. | |
| 23 | — | II | YX. | |
| 24 | — | III | MEN. | |
| 25 | — | IV | CIB. | |
| 26 | — | V | CABAN. | |
| 27 | — | VI | EZANAB. | |
| 28 | — | VII | CAUAC. | |
| 29 | — | VIII | AHAU. | |
| 30 | — | IX | YMIX. | |
| 31 | — | X | IK. | |
| 1ᵉʳ | Avril. | XI | AKBAL. | |
| 2 | — | XII | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Kankin. |
| 3 | — | XIII | CHICCHAN. | |
| 4 | — | I | CIMI. | |
| 5 | — | II | MANIK. | |
| 6 | — | III | LAMAT. | |
| 7 | — | IV | MULUC. | |
| 8 | — | V | OC. | |
| 9 | — | VI | CHUEN. | |
| 10 | — | VII | EB. | |
| 11 | — | VIII | BEN. | |
| 12 | — | IX | YX. | |
| 13 | — | X | MEN. | |
| 14 | — | XI | CIB. | |
| 15 | — | XII | CABAN. | |
| 16 | — | XIII | EZANAB. | |
| 17 | — | I | CAUAC. | |
| 18 | — | II | AHAU. | |
| 19 | — | III | YMIX. | |
| 20 | — | IV | IK. | |
| 21 | — | V | AKBAL. | |
| 22 | — | VI | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Muan. Au mois Muan, les propriétaires de plantations de cacao célébraient une fête en l’honneur des dieux Ekchuah, Chac et Hobnil, qui étaient leurs patrons[183]: ils allaient pour la solenniser à la métairie de l’un d’entre eux, où ils sacrifiaient un chien, portant une tache de couleur cacao. Ils brûlaient de l’encens à leurs idoles, leur offraient des iguanes; de celles qui sont bleues, des plumes d’un oiseau particulier, ainsi que diverses sortes de gibier; ils donnaient à chacun des officiers une branche avec le fruit du cacao. Le sacrifice terminé, ils se mettaient à manger et à boire les oblations; mais on dit qu’on ne permettait à chacun de boire que trois coupes de leur vin, et qu’ils n’en apportaient que juste la quantité nécessaire. Ils se rendaient ensuite à la maison de celui qui faisait les frais de la fête, où ils se divertissaient ensemble. |
| 23 | — | VII | CHICCHAN. | |
| 24 | — | VIII | CIMI. | |
| 25 | — | IX | MANIK. | |
| 26 | — | X | LAMAT. | |
| 27 | — | XI | MULUC. | |
| 28 | — | XII | OC. | |
| 29 | — | XIII | CHUEN. | |
| 30 | — | I | EB. | |
| 1ᵉʳ | Mai. | II | BEN. | |
| 2 | — | III | YX. | |
| 3 | — | IV | MEN. | |
| 4 | — | V | CIB. | |
| 5 | — | VI | CABAN. | |
| 6 | — | VII | EZANAB. | |
| 7 | — | VIII | CAUAC. | |
| 8 | — | IX | AHAU. | |
| 9 | — | X | YMIX. | |
| 10 | — | XI | IK. | |
| 11 | — | XII | AKBAL. | |
| 12 | — | XIII | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Pax. Au mois Pax ils célébraient une fête nommée Pacum-Chac, à l’occasion de laquelle les seigneurs et les prêtres des bourgades inférieures s’assemblaient avec ceux des villes plus importantes; ainsi réunis, ils passaient dans le temple de Cit-Chac-Coh[184] cinq nuits en prières, présentant leurs offrandes avec de l’encens, comme on a vu qu’ils le faisaient à la fête de Kukulcan, au mois Xul, en novembre. En commençant des cinq jours, ils se rendaient tous ensemble à la maison du général de leurs armées, du titre de Nacon, dont j’ai traité au chapitre CI[185]. Ils le portaient en grande pompe, l’encensant comme une idole jusqu’au temple où ils l’asseyaient et lui brûlaient des parfums de la même manière qu’aux dieux. Ils passaient ainsi cinq jours, mangeant et buvant les oblations que l’on présentait au temple, et ils exécutaient un ballet assez semblable à un grand pas de guerre, auquel ils donnaient dans leur langue le nom de Holkan-Okot, ce qui veut dire danse des guerriers. Passé les cinq jours, tout le monde venait à la fête qui, pour concerner les choses de la guerre et dans l’espoir d’obtenir la victoire, était fort solennelle. Ils commençaient par les cérémonies et les sacrifices du feu, dont j’ai parlé au mois Mac. Ensuite, ils chassaient, comme de coutume, le démon avec beaucoup de solennité. Cela terminé, on recommençait les prières, les offrandes et les encensements. Tandis que toutes ces choses allaient leur train, les seigneurs et ceux qui les avaient accompagnés chargeaient de nouveau le Nacon sur leurs épaules et le portaient processionnellement autour du temple. A leur retour, les Chac sacrifiaient un chien, en lui arrachant le cœur, qu’ils présentaient à l’idole entre deux plats; chacun d’eux brisait ensuite une grande cruche remplie de boisson, avec quoi s’achevait la fête. Tous ensuite mangeaient et buvaient les offrandes qu’on avait apportées, et on reportait le Nacon avec beaucoup de solennité, mais sans aucun encens, chez lui. Là avait lieu un grand festin où seigneurs, nobles et prêtres s’enivraient à qui mieux mieux, à l’exception du Nacon qui restait sobre, tandis que la foule s’en retournait d’où elle était venue. Le lendemain, après qu’ils avaient cuvé leur vin, les seigneurs et les prêtres, qui étaient restés dans la maison du général, à la suite de l’orgie, recevaient de sa main de grands présents d’encens qu’il avait préparé à cet effet et fait bénir par ces prêtres bénoits. Dans cette réunion, il leur faisait à tous un long discours et leur recommandait avec componction les fêtes qu’ils devaient célébrer en l’honneur des dieux dans leurs bourgades, afin d’en obtenir une année prospère et abondante. Le sermon terminé, tous prenaient congé les uns des autres avec beaucoup de tendresse et de bruit et chacun reprenait le chemin de sa commune et de sa maison. Ils s’y occupaient de la célébration de leurs fêtes qui duraient quelquefois, suivant les circonstances, jusqu’au mois de Pop. Ils donnaient à ces fêtes le nom de Zabacil-Than, et voici comment ils les solennisaient. Ils cherchaient dans la commune ceux qui, comme les plus riches, étaient les plus en état de faire les frais de la fête et la leur recommandaient au jour signalé; parce qu’on avait davantage de..... durant ces trois mois qui restaient jusqu’à l’année naturelle. Ce qu’ils faisaient alors c’était de se réunir dans la maison de celui qui célébrait la fête, après avoir fait la cérémonie de chasser le mauvais esprit. On brûlait du copal, on présentait des offrandes avec des réjouissances et des danses, après quoi on avalait quelques cruches de vin, ce qui était toujours le fond de la fête. Tels étaient d’ailleurs les excès auxquels ils se livraient durant ces trois mois, que cela faisait peine à voir: les uns s’en allaient tout couverts d’égratignures ou de contusions, les autres les yeux enflammés de la quantité de liqueurs, dont ils s’abreuvaient, et avec cette passion pour le vin ils s’y ruinaient entièrement. |
| 13 | — | I | CHICCHAN. | |
| 14 | — | II | CIMI. | |
| 15 | — | III | MANIK. | |
| 16 | — | IV | LAMAT. | |
| 17 | — | V | MULUC. | |
| 18 | — | VI | OC. | |
| 19 | — | VII | CHUEN. | |
| 20 | — | VIII | EB. | |
| 21 | — | IX | BEN. | |
| 22 | — | X | IX. | |
| 23 | — | XI | MEN. | |
| 24 | — | XII | CIB. | |
| 25 | — | XIII | CABAN. | |
| 26 | — | I | EZANAB. | |
| 27 | — | II | CAUAC. | |
| 28 | — | III | AHAU. | |
| 29 | — | IV | YMIX. | |
| 30 | — | V | IK. | |
| 31 | — | VI | AKBAL. | |
| 1ᵉʳ | Juin. | VII | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Kayab. |
| 2 | — | VIII | CHICCHAN. | |
| 3 | — | IX | CIMI. | |
| 4 | — | X | MANIK. | |
| 5 | — | XI | LAMAT. | |
| 6 | — | XII | MULUC. | |
| 7 | — | XIII | OC. | |
| 8 | — | I | CHUEN. | |
| 9 | — | II | EB. | |
| 10 | — | III | BEN. | |
| 11 | — | IV | IX. | |
| 12 | — | V | MEN. | |
| 13 | — | VI | CIB. | |
| 14 | — | VII | CABAN. | |
| 15 | — | VIII | EZANAB. | |
| 16 | — | IX | CAUAC. | |
| 17 | — | X | AHAU. | |
| 18 | — | XI | YMIX. | |
| 19 | — | XII | IK. | |
| 20 | — | XIII | AKBAL. | |
| 21 | — | I | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Cumku. |
| 22 | — | II | CHICCHAN. | |
| 23 | — | III | CIMI. | |
| 24 | — | IV | MANIK. | |
| 25 | — | V | LAMAT. | |
| 26 | — | VI | MULUC. | |
| 27 | — | VII | OC. | |
| 28 | — | VIII | CHUEN. | |
| 29 | — | IX | EB. | |
| 30 | — | X | BEN. | |
| 1ᵉʳ | Juillet. | XI | YX. | |
| 2 | — | XII | MEN. | |
| 3 | — | XIII | CIB. | |
| 4 | — | I | CABAN. | |
| 5 | — | II | EZANAB. | |
| 6 | — | III | CAUAC. | |
| 7 | — | IV | AHAU. | |
| 8 | — | V | YMIX. | |
| 9 | — | VI | IK. | |
| 10 | — | VII | AKBAL. | On a dit, dans les chapitres précédents, que les Indiens commençaient leurs années par ces jours sans nom, en s’y préparant dans les veilles à célébrer la fête de l’année nouvelle. Outre la fête qu’ils faisaient au dieu U-vayeyab, à raison duquel seulement ils sortaient de chez eux, ils solennisaient surtout ces cinq jours, en quittant peu l’intérieur de leurs maisons, excepté pour aller présenter, en outre des offrandes faites en commun, diverses bagatelles à leurs dieux et dans les autres temples. Ils n’employaient jamais ensuite à leur usage particulier les bagatelles qu’ils offraient aux idoles, mais ils en achetaient de l’encens pour le brûler. Ils ne se peignaient ni ne se lavaient durant ces jours: ni hommes ni femmes ne s’épouillaient; ils ne faisaient aucune œuvre servile ni fatigante, de peur qu’il leur en arrivât quelque malheur[186]. |
| 11 | — | VIII | KAN. | |
| 12 | — | IX | CHICCHAN. | |
| 13 | — | X | CIMI. | |
| 14 | — | XI | MANIK. | |
| 15 | — | XII | LAMAT. | |
| COMMENCEMENT DE L’ANNÉE MAYA. | ||||
| 16 | — | XII | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Pop. Le premier jour de Pop commençait le premier mois de ces Indiens; c’était le jour de leur année nouvelle et celui d’une fête fort solennelle chez eux; car elle était générale, tous y prenaient part et tout le peuple se réunissait pour fêter tous les dieux. Pour la célébrer avec plus d’ostentation, ils renouvelaient ce jour-là tous les objets dont ils se servaient, tels que plats, coupes, piédestaux, paniers, vieux habits et étoffes avec lesquelles ils enveloppaient leurs idoles. Ils balayaient leurs maisons et allaient jeter le tout avec l’ordure et les vieux ustensiles à la voirie, en dehors de la localité, et nul, en eût-il eu le plus grand besoin, n’eût osé y toucher. Pour se préparer à cette fête, les princes et les prêtres, ainsi que la noblesse, commençaient par jeûner et s’abstenir préalablement de leurs femmes, ce que faisaient également ceux qui voulaient montrer leur dévotion, et ils y donnaient tout le temps qu’ils jugeaient à propos; car il y en avait qui s’y prenaient trois mois à l’avance, d’autres deux, d’autres à leur fantaisie, autant qu’il leur plaisait, quoique jamais moins de treize jours. A ces treize jours d’abstinence de leurs femmes, ils ajoutaient celle de ne prendre avec leurs mets ni sel, ni piment, ce qu’ils regardaient comme une grande pénitence. C’est dans cet intervalle qu’ils faisaient l’élection des officiers Chac qui aidaient le prêtre: celui-ci leur préparait une grande quantité de petites boules d’encens frais sur des planchettes que les prêtres avaient à cet effet, afin que les jeûneurs et les abstinents pussent les brûler en l’honneur de leurs idoles. Ceux qui avaient une fois commencé cette pénitence se gardaient bien de la rompre, persuadés qu’ils étaient qu’il leur arriverait de cette infraction quelque calamité soit à eux-mêmes, soit à leurs maisons. Le jour du nouvel an arrivé, tous les hommes s’assemblaient dans la cour du temple, mais seuls: car, en aucune occasion, si la fête ou le sacrifice se célébrait dans le temple, les femmes ne pouvaient y assister, à l’exception des vieilles qui y venaient pour leurs danses particulières; mais dans les différentes autres fêtes qui avaient lieu ailleurs, les femmes avaient la faculté de se présenter. Dans la circonstance actuelle, les hommes venaient propres et ornés de leurs peintures et de leurs couleurs, après s’être débarbouillés de la suie dont ils s’étaient recouverts pendant le temps de leur pénitence. Tous étant réunis avec les offrandes de mets et de boissons qu’on avait apportés et une grande quantité de vin, nouvellement fermenté, le prêtre purifiait le temple et s’asseyait au milieu de la cour, vêtu de pontifical, ayant à côté de lui un brasier et les planchettes à encens. Les Chac prenaient place aux quatre coins, étendant de l’un à l’autre un cordon neuf, au centre duquel devaient entrer tous ceux qui avaient jeûné, afin de chasser le mauvais esprit, comme je l’ai dit au chapitre XCVI. L’esprit malin une fois expulsé, tous se mettaient à prier dévotement, tandis que les chaces tiraient le feu nouveau: ils brûlaient de l’encens aux idoles, le prêtre commençant le premier à jeter le sien dans le brasier; toute l’assemblée le suivait, les seigneurs se présentant d’abord, chacun suivant son rang, pour recevoir les boulettes d’encens de la main du prêtre, qui le leur mettait dans les mains avec autant de gravité et de dévotion, que s’il leur eût donné des reliques; puis, l’un après l’autre, les jetaient lentement dans le brasier, attendant qu’il eût achevé de brûler. A la suite de cette cérémonie, ils mangeaient entre tous les oblations et les présents de vivres, en buvant le vin qui allait son train, comme toujours, jusqu’à ce qu’ils eussent terminé. C’était là leur fête de l’an neuf et la solennité avec laquelle ils croyaient se rendre parfaitement agréables aux idoles. Dans le courant de ce mois Pop, il y avait aussi des gens particulièrement dévots qui célébraient encore cette fête avec leurs amis, ainsi que les nobles et les prêtres, ceux-ci étant, d’ailleurs, toujours les premiers dans les réjouissances et les festins. |
| 17 | — | XIII | CHICCHAN. | |
| 18 | — | I | CIMI. | |
| 19 | — | II | MANIK. | |
| 20 | — | III | LAMAT. | |
| 21 | — | IV | MULUC. | |
| 22 | — | V | OC. | |
| 23 | — | VI | CHUEN. | |
| 24 | — | VII | EB. | |
| 25 | — | VIII | BEN. | |
| 26 | — | IX | YX. | |
| 27 | — | X | MEN. | |
| 28 | — | XI | CIB. | |
| 29 | — | XII | CABAN. | |
| 30 | — | XIII | EZANAB. | |
| 31 | — | I | CAUAC. | |
| 1ᵉʳ | Août. | II | AHAU. | |
| 2 | — | III | YMIX. | |
| 3 | — | IV | IK. | |
| 4 | — | V | AKBAL. | |
| 5 | — | VI | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Uo. |
| 6 | — | VII | CHICCHAN. | |
| 7 | — | VIII | CIMI. | |
| 8 | — | IX | MANIK. | |
| 9 | — | X | LAMAT. | |
| 10 | — | XI | MULUC. | |
| 11 | — | XII | OC. | |
| 12 | — | XIII | CHUEN. | |
| 13 | — | I | EB. | |
| 14 | — | II | BEN. | |
| 15 | — | III | YX. | |
| 16 | — | IV | MEN. | |
| 17 | — | V | CIB. | |
| 18 | — | VI | CABAN. | |
| 19 | — | VII | EZANAB. | |
| 20 | — | VIII | CAUAC. | |
| 21 | — | IX | AHAU. | |
| 22 | — | X | YMIX. | Durant le mois Uo, les prêtres, les médecins et les sorciers, ce qui était tout un, commençaient à se préparer par des jeûnes et autres actes de piété, à la célébration d’une autre fête que les chasseurs et les pêcheurs solennisaient au septième jour du mois Zip; chacun d’eux la célébrait en son jour de son côté; les prêtres les premiers. On donnait à cette fête le nom de Pocam. S’étant rassemblés, revêtus de leurs ornements, dans la maison du prince, ils chassaient d’abord le mauvais esprit, comme à l’ordinaire: ils découvraient ensuite leurs livres et les exposaient sur un tapis de verdure qu’ils avaient préparé à cet effet. Ils invoquaient ensuite dévotement un dieu nommé Cinchau-Yzamna, qui avait, disaient-ils, été le premier prêtre[187]; ils lui offraient divers présents et lui brûlaient au feu nouveau des boulettes d’encens. Pendant ce temps-là d’autres délayaient dans un vase un peu de vert-de-gris avec de l’eau vierge, qu’ils disaient avoir apportée des bois où jamais femme n’avait pénétré: ils en humectaient les planches des livres, afin de les nettoyer; cela fait, le plus savant des prêtres ouvrait un livre où il examinait les pronostics de cette année, qu’il déclarait à tous ceux qui étaient présents[188]. Il les prêchait après cela quelque peu, leur recommandant ce qu’ils devaient faire pour en éloigner les effets sinistres, et faisait connaître cette même fête pour l’année suivante au prêtre ou seigneur qui devait la célébrer: si celui-ci venait à mourir dans l’intervalle, ses fils étaient tenus de la célébrer à sa place. Cela terminé, tous ensemble consommaient les vivres et les boissons des offrandes, buvant comme des sacs à vin. Ainsi s’achevait la fête, durant laquelle ils dansaient quelquefois un ballet du nom d’Okot-Uil. |
| 23 | — | XI | IK. | |
| 24 | — | XII | AKBAL. | |
| 25 | — | XIII | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Zip. |
| 26 | — | I | CHICCHAN. | |
| 27 | — | II | CIMI. | |
| 28 | — | III | MANIK. | |
| 29 | — | IV | LAMAT. | |
| 30 | — | V | MULUC. | |
| 31 | — | VI | OC. | |
| 1ᵉʳ | Septemb. | VII | Chuen. | Le jour suivant, les médecins et sorciers se réunissaient dans la maison de l’un d’eux avec leurs femmes. Les prêtres chassaient l’esprit mauvais, après quoi ils exposaient les enveloppes de leur médecine, où ils tenaient une foule de bagatelles et, chacun en particulier, de petites images de la déesse de la médecine qu’ils appelaient Ixchel, d’où le nom de la fête Ihcil-Ixchel, ainsi que des petites pierres servant à leurs sortiléges, nommées am. Avec une grande dévotion, ils invoquaient alors dans leurs prières les dieux de la médecine Yzamna, Cit-Bolon-Tun et Ahau-Chamahez, tandis que les prêtres brûlaient en leur honneur de l’encens qu’ils jetaient dans le brasier du feu nouveau et que les Chac les barbouillaient de couleur bleue comme les livres des prêtres. Cela fait, chacun enveloppait les choses qui le regardaient, et, chargés de leurs paquets, ils dansaient un ballet nommé Chan-tun-yab. Le ballet terminé, les hommes s’asseyaient d’un côté et les femmes de l’autre; on signalait ensuite le jour pour la fête de l’année suivante, et tous ensemble faisaient le festin accoutumé des offrandes et des boissons, s’enivrant à qui mieux mieux. Les prêtres seuls, dit-on, honteux de s’y joindre cette fois, mettaient de côté leur part du vin, afin de le boire à leur aise et sans témoins. Le jour précédent, les chasseurs se réunissaient dans la maison de l’un d’eux où ils amenaient leurs femmes; les prêtres y venaient comme les autres, et après avoir chassé le mauvais esprit, comme à l’ordinaire, ils plaçaient au milieu de la maison les préparatifs nécessaires au sacrifice d’encens et de feu nouveau avec de la couleur bleue. Les chasseurs invoquaient avec dévotion les dieux de la chasse Acanum, Zuhuy-Zip, Tabai et d’autres, et distribuaient l’encens qu’ils jetaient ensuite dans le brasier. Tandis qu’il brûlait, chacun prenait une flèche et une tête de cerf que les Chac frottaient de la couleur bleue; ainsi peints, les uns dansaient, en les tenant à la main, pendant que d’autres se perçaient les oreilles ou la langue, se passant par les trous qu’ils y pratiquaient sept feuilles d’une herbe appelée Ac[189]. Cela terminé, le prêtre d’abord et les officiers de la fête après, lui présentaient les oblations, puis ils se mettaient à danser, se faisant verser du vin et s’enivrant jusqu’à satiété. Le lendemain c’était le tour des pêcheurs à célébrer la fête, ce qu’ils faisaient de la même manière que les autres, sauf qu’au lieu de têtes de cerfs, ils barbouillaient de couleur leurs instruments de pêche; ils ne se perçaient pas non plus les oreilles, mais se les taillaient à l’entour, après quoi ils dansaient un ballet nommé Chohom[190]. Cela fait, ils bénissaient un grand et gros arbre qu’ils laissaient debout. Lorsque cette fête était finie dans les villes, les seigneurs avaient coutume d’aller la célébrer avec beaucoup de monde à la côte, où ils faisaient de grandes pêches avec des réjouissances de toute sorte; car ils portaient avec eux une grande quantité de filets et de hameçons, avec d’autres instruments à pêcher. Les dieux qu’ils invoquaient alors comme leurs patrons étaient Ahkak-Nexoï, Ahpua, Ahcitz et Amalcum[191]. |
| 2 | — | VIII | EB. | |
| 3 | — | IX | BEN. | |
| 4 | — | X | YX. | |
| 5 | — | XI | MEN. | |
| 6 | — | XII | CIB. | |
| 7 | — | XIII | CABAN. | |
| 8 | — | I | EZANAB. | |
| 9 | — | II | CAUAC. | |
| 10 | — | III | AHAU. | |
| 11 | — | IV | YMIX. | |
| 12 | — | V | IK. | |
| 13 | — | VI | AKBAL. | |
| 14 | — | VII | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Tzoz. Au mois Tzoz, les maîtres de ruches à miel se préparaient à la célébration de leur fête de Tzec; mais quoique la principale préparation à ces fêtes fût le jeûne, il n’obligeait que le prêtre et les officiers qui lui prêtaient leur aide, étant tout volontaire pour les autres. |
| 15 | — | VIII | CHICCHAN. | |
| 16 | — | IX | CIMI. | |
| 17 | — | X | MANIK. | |
| 18 | — | XI | LAMAT. | |
| 19 | — | XII | MULUC. | |
| 20 | — | XIII | OC. | |
| 21 | — | I | CHUEN. | |
| 22 | — | II | EB. | |
| 23 | — | III | BEN. | |
| 24 | — | IV | YX. | |
| 25 | — | V | MEN. | |
| 26 | — | VI | CIB. | |
| 27 | — | VII | CABAN. | |
| 28 | — | VIII | EZANAB. | |
| 29 | — | IX | CAUAC. | |
| 30 | — | X | AHAU. | |
| 1ᵉʳ | Octobre. | XI | YMIX. | |
| 2 | — | XII | YX. | |
| 3 | — | XIII | AKBAL. | |
| 4 | — | I | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Tzec. Le jour de la fête étant venu, ils se réunissaient dans la maison de celui qui la célébrait et faisaient tout ce qu’ils étaient accoutumés de faire dans les autres, sauf qu’ils ne répandaient pas de sang. Ils avaient pour patrons les Bacab, et surtout Hobnil. Ils faisaient alors de grandes offrandes, en particulier aux quatre Chac, auxquels ils présentaient quatre plats, peints tout autour de figures de miel, afin d’en obtenir en abondance par le moyen de cette fête. Ils la finissaient, comme de coutume, par une orgie complète, les maîtres des ruches n’épargnant pas le miel en cette circonstance[192]. |
| 5 | — | II | CHICCHAN. | |
| 6 | — | III | CIMI. | |
| 7 | — | IV | MANIK. | |
| 8 | — | V | LAMAT. | |
| 9 | — | VI | MULUC. | |
| 10 | — | VII | OC. | |
| 11 | — | VIII | CHUEN. | |
| 12 | — | IX | EB. | |
| 13 | — | X | BEN. | |
| 14 | — | XI | YX. | |
| 15 | — | XII | MEN. | |
| 16 | — | XIII | CIB. | |
| 17 | — | I | CABAN. | |
| 18 | — | II | EZANAB. | |
| 19 | — | III | CAUAC. | |
| 20 | — | IV | AHAU. | |
| 21 | — | V | YMIX. | |
| 22 | — | VI | IK. | |
| 23 | — | VII | AKBAL. | |
| 24 | — | VIII | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Xul. On a vu, dans le dixième chapitre[193], comment après le départ de Kukulcan du Yucatan, il y eut des Indiens qui assurèrent qu’il était monté au ciel avec les dieux, le regardant comme un dieu et lui bâtissant des temples; c’est pourquoi ils célébrèrent des fêtes en son honneur et elles continuèrent par toute la contrée jusqu’à la destruction de Mayapan. A la suite de cet événement, on ne les célébra plus que dans la province de Mani[194]; mais les autres provinces, en reconnaissance de ce qu’elles devaient à Kukulcan, lui présentaient tour à tour, chaque année, à Mani, quelquefois quatre et d’autres fois cinq bannières magnifiques de plume, avec lesquelles ils solennisaient la fête, non comme les autres, mais de la manière suivante. Au 16 du mois Xul, tous les seigneurs et les prêtres de Mani s’assemblaient et avec eux une multitude considérable qui se joignait à eux, après s’être préparés par des jeûnes et des abstinences. Le soir de ce jour ils sortaient en procession, avec un grand nombre de comédiens, de la maison du prince et s’avançaient lentement vers le temple de Kukulcan qu’on avait au préalable orné convenablement. En arrivant, ils faisaient leurs prières et plaçaient les bannières en haut du temple; ils étalaient leurs idoles sur un tapis de feuillage; ayant ensuite tiré du feu nouveau, ils brûlaient de l’encens en beaucoup d’endroits, faisant des oblations de viande, cuite sans sel ni piment, avec des boissons de fèves et de pepins de calebasses. Les seigneurs ainsi que ceux qui avaient observé le jeûne, passaient là, sans retourner chez eux, cinq jours et cinq nuits en prière, brûlant du copal, et exécutant quelques danses sacrées. Pendant ce temps-là, les comédiens allaient de la maison d’un des nobles à l’autre, représentant leurs pièces et recueillant les dons qu’on leur offrait; au bout de cinq jours, ils portaient le tout au temple où ils les partageaient aux seigneurs, aux prêtres et aux danseurs; après cela, on reprenait les bannières avec les idoles; on les remportait à la maison du prince, d’où chacun rentrait chez lui avec ce qui lui revenait. Ils disaient et tenaient pour certain que Kukulcan descendait du ciel le dernier jour de la fête et recevait personnellement les sacrifices, les pénitences et les offrandes qu’on faisait en son honneur. Quant à la fête on l’appelait Chic-Kaban. |
| 25 | — | IX | CHICCHAN. | |
| 26 | — | X | CIMI. | |
| 27 | — | XI | MANIK. | |
| 28 | — | XII | LAMAT. | |
| 29 | — | XIII | MULUC. | |
| 30 | — | I | OC. | |
| 31 | — | II | CHUEN. | |
| 1ᵉʳ | Novemb. | III | EB. | |
| 2 | — | IV | BEN. | |
| 3 | — | V | YX. | |
| 4 | — | VI | MEN. | |
| 5 | — | VII | CIB. | |
| 6 | — | VIII | CABAN. | |
| 7 | — | IX | EZANAB. | |
| 8 | — | X | CAUAC. | |
| 9 | — | XI | AHAU. | |
| 10 | — | XII | YMIX. | |
| 11 | — | XIII | IK. | |
| 12 | — | I | AKBAL. | |
| 13 | — | II | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Yaxkin. Durant ce mois Yaxkin, on commençait à se préparer, suivant la coutume, pour une fête générale qui se célébrait en Mol, en un jour que le prêtre désignait, en l’honneur de tous les dieux; on l’appelait Oloh-Zab-Kam Yax. Après les cérémonies et encensements d’usage, ce qu’ils voulaient faire, c’était de barbouiller avec leur couleur bleue les instruments de toutes les professions, depuis ceux dont se servaient les prêtres jusqu’aux fuseaux des femmes et jusqu’aux portes de leurs maisons. A cette occasion, ils peignaient de la même couleur les enfants des deux sexes; mais, au lieu de leur barbouiller les mains, on leur donnait en dehors, sur les articulations, à chacun, neuf petits coups; quant aux petites filles, c’était une vieille femme qui les amenait là, et pour cela on la nommait Ixmol, c’est-à-dire la conductrice. On donnait ces petits coups sur les mains aux enfants, afin qu’ils devinssent d’habiles ouvriers dans les professions de leurs pères et de leurs mères. La conclusion de cette cérémonie était une bonne orgie et un festin de toutes les offrandes qu’on avait présentées, quoiqu’il y ait à croire qu’on ne permettait à la dévote vieille de ne s’enivrer que chez elle, afin qu’elle ne perdît pas en chemin la plume de son office. |
| 14 | — | III | CHICCHAN. | |
| 15 | — | IV | CIMI. | |
| 16 | — | V | MANIK. | |
| 17 | — | VI | LAMAT. | |
| 18 | — | VII | MULUC. | |
| 19 | — | VIII | OC. | |
| 20 | — | IX | CHUEN. | |
| 21 | — | X | EB. | |
| 22 | — | XI | BEN. | |
| 23 | — | XII | YX. | |
| 24 | — | XIII | MEN. | |
| 25 | — | I | CIB. | |
| 26 | — | II | CABAN. | |
| 27 | — | III | EZANAB. | |
| 28 | — | IV | CAUAC. | |
| 29 | — | V | AHAU. | |
| 30 | — | VI | YMIX. | |
| 1ᵉʳ | Décemb. | VII | IK. | |
| 2 | — | VIII | AKBAL. | |
| 3 | — | IX | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Mol. Durant ce mois, les maîtres de ruches à miel recommençaient la fête qu’ils avaient célébrée au mois Tzec, afin que les dieux fissent naître des fleurs pour les abeilles. Une des choses que ces misérables regardaient comme des plus difficiles et des plus ardues, c’était de fabriquer leurs idoles de bois, ce qu’ils appelaient faire des dieux,[195]. Ils avaient pour cela une époque particulière qui était ce mois de Mol, ou un autre, si le prêtre jugeait à propos de la changer. Ceux qui souhaitaient en faire faire, consultaient d’abord le prêtre, et, d’après son avis, allaient trouver les artistes qui s’occupaient de cette profession; mais, à ce qu’on dit, ceux-ci s’en excusaient toujours, parce qu’ils étaient persuadés que l’un ou l’autre de leur maison en mourrait, ou qu’il leur surviendrait quelque maladie du cœur. Dès qu’ils avaient accepté, les Chac qu’ils choisissaient à cet effet, ainsi que le prêtre et l’artiste, commençaient le jeûne. Entre temps, celui qui avait commandé les idoles, allait en personne, ou bien envoyait couper dans le bois l’arbre dont elles devaient être sculptées, et c’était toujours du cèdre. Quand le bois était arrivé, ils édifiaient une cabane de chaume bien fermée, où ils mettaient le bois avec une grande urne pour y enfermer les idoles tout le temps qu’ils y travailleraient. Ils offraient de l’encens à quatre dieux, appelés Acantun, dont ils plaçaient les images aux quatre points cardinaux; ils prenaient également ce qu’il fallait pour se scarifier ou se tirer du sang des oreilles, ainsi que les instruments dont ils avaient besoin pour sculpter leurs noires divinités. Préparés de cette manière, le prêtre, les Chac et l’artiste s’enfermaient dans la chaumière et se mettaient à l’œuvre sacrée, se scarifiant fréquemment les oreilles et barbouillant les idoles de leur sang et leur brûlant de l’encens; ils continuaient ainsi jusqu’à ce que le travail fût terminé, les gens de leur famille leur apportant à manger, avec ce qui leur était nécessaire; mais ils ne pouvaient, durant tout ce temps, s’approcher de leurs femmes, et nul n’était admis dans l’endroit où ils étaient renfermés. |
| 4 | — | X | CHICCHAN. | |
| 5 | — | XI | CIMI. | |
| 6 | — | XII | MANIK. | |
| 7 | — | XIII | LAMAT. | |
| 8 | — | I | MULUC. | |
| 9 | — | II | OC. | |
| 10 | — | III | CHUEN. | |
| 11 | — | IV | EB. | |
| 12 | — | V | BEN. | |
| 13 | — | VI | YX. | |
| 14 | — | VII | MEN. | |
| 15 | — | VIII | CIB. | |
| 16 | — | IX | CABAN. | |
| 17 | — | X | EZANAB. | |
| 18 | — | XI | CAUAC. | |
| 19 | — | XII | AHAU. | |
| 20 | — | XIII | YMIX. | |
| 21 | — | I | IK. | |
| 22 | — | II | AKBAL. | |
| 23 | — | III | KAN. | 1ᵉʳ jour du mois Chen. |
| 24 | — | IV | CHICCHAN. | |
| 25 | — | V | CIMI. | |
| 26 | — | VI | MANIK. | |
| 27 | — | VII | LAMAT. | |
| 28 | — | VIII | MULUC. | |
| 29 | — | IX | OC. | |
| 30 | — | X | CHUEN. | |
| 31 | — | XI | EB. | |
Au centre de la roue qui fait face à cette page, se trouvent dans le texte original ces paroles:





































