[14] L’ara est un symbole du soleil dans des parties fort distinctes de l’Amérique, où il parait être opposé à celui du serpent, Lizana ajoute ailleurs à ce sujet: «.... Quant à ses rayons (ceux du soleil), quelques poëtes les appellent des cheveux ou des plumes dorées, d’où il semble y avoir une allusion à ce que disaient ces naturels des rayons du soleil, en adorant les plumes, aux couleurs variées de l’ara, comme aussi en faisant consumer leurs offrandes; je crois donc qu’ils symbolisaient par là l’embrasement des bois et le desséchement de la verdure, occasionnés par sa chaleur et ses rayons, puisque c’était pour eux le seul moyen de les brûler, afin d’ensemencer ensuite, cela étant l’unique charrue à leur service; n’en pouvant user d’autre que le feu, la terre n’offrant que de la pierre en tous lieux.» (Hist. de Nª. Sª. Ytzamal, cap. 10.) En effet, dans cette contrée comme dans beaucoup d’autres, quand les Indiens veulent préparer leurs semailles, ils mettent tout simplement le feu au bois et aux broussailles, sèment entre les cendres après la première pluie et laissent à l’incomparable fertilité du climat le soin de faire le reste.
[15] Cogolludo, rapportant l’idée de Lizana, dit que ces mots sont métaphoriques et doivent s’entendre par «Maison des prêtres des dieux.» Je crois que ni l’un ni l’autre n’a réfléchi au nom de Chac, qui, suivant Landa, était celui des dieux de l’orage, de la pluie et conséquemment des moissons, ce mot ayant le sens d’éclair ou de tonnerre. Le mot hol signifie tête ou chef, dans l’idée de principal, et doit se joindre à chac, ce qui donne au nom de ce temple le sens complet de Maison du Dieu principal des éclairs, et conséquemment de la pluie. Ce devait être le temple correspondant à celui de Tlaloc, au Mexique, dieu des orages et des moissons, représenté lançant la foudre. (Torquemada, Monarq. Ind., lib. VI, cap. 23.)
[16] Alakin me paraît être une faute d’impression qui doit se corriger par ahkin.
[17] Hunpic est la même mesure ou nombre, appelé en langue nahuatl xiquipilli, représenté par un sac de 8,000 noix de cacao. Tok est le silex. Cette divinité paraît être la même que le Tihax des Quichés et Cakchiquels, le Tecpatl des Mexicains, la lance ou la flèche, adorée par un grand nombre de populations, entre autres par la plupart des nations chichimiques du Mexique.
[18] Dans le Livre sacré (Popol Vuh) et dans le Codex Chimalpopoca, il est fait plus d’une fois allusion, lors de la création de l’homme (du noble, du guerrier), à ce qu’il doit être, le soutien, le nourricier des dieux. Le Manuscrit Cakchiquel donne, à ce sujet, une tradition fort remarquable; on y voit clairement la création de la noblesse guerrière, faite uniquement dans le but de soutenir le sacerdoce: «Ici Hunpictok, la noblesse guerrière est figurée sous le nom de Chay-Abah, l’Obsidienne: Chay-Abah est sorti de Xibalbay, du riche et du puissant Xibalbay. L’homme (le guerrier) est l’œuvre de son créateur et formateur, et celui qui soutient le Créateur, c’est Chay-Abah.... Et l’homme ayant été créé, fut perfectionné. Treize hommes et quatorze femmes furent ainsi faits... Ils se marièrent, et deux femmes furent les épouses d’un seul. C’est pourquoi l’homme commença à s’unir, l’homme supérieur (ou des temps antiques?)...... Ils eurent des filles et des fils, et ce fut là la première humanité. Ainsi se fit cette race, ainsi fut formé Chay-Abah qui protège l’entrée de Tullan (le premier royaume nahuatl) où nous étions. Ensemble sont les Zotzils qui ferment l’entrée de Tullan, où nous vînmes à être engendrés et mis au monde...» Zotzil ou Zotzlem est le nom antique de Cinacantlan, ville située à l’entrée de la vallée de Ghovel au Ciudad-Real de Chiapas, chemin d’Ococingo et de Palenqué.