[24] Ces jours s’appelaient aussi u tuz kin, u lobol kin, ce qui signifie jours mensongers, jours mauvais. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.)

[25] Voir Landa, §.

[26]

Le Codex mexicain Letellier de la Bibliothèque impériale, que j’ai en ce moment sous les yeux, paraît destiné à résoudre cette question, si controversée depuis la conquête du Mexique. Les sept premiers folios de ce document, étant la suite d’un calendrier incomplet, représentent les douze derniers mois mexicains, terminant ici avec le mois de février, en sorte que, suivant l’auteur anonyme du Codex, le 6 mars serait le premier jour de l’année, laissant les cinq premiers jours de ce mois pour épagomènes, comme ils sont marqués ici. Or, l’année en laquelle écrivait l’anonyme était précisément une année bissextile; car il fait commencer les jours supplémentaires à un 29 février. «A XXIX de febrero, dit-il, los V dias muertos que no avia sacrificios.» Mais ce qui jette le plus de jour ici sur cette question, c’est que les jours supplémentaires sont désignés par des signes de couleur rouge et blanche, dans un quadrilatère au fond noir, lequel est surmonté d’un sixième signe semblable, en dehors du quadrilatère, et qui ne peut être que le jour restant, le 29 février, qui a tant embarrassé les savants, lequel est ajouté ici aux intercalaires, comme l’avait pensé Veytia. Ainsi qu’on peut le voir à la gravure ci-jointe, et que nous reproduisons d’après le Codex Letellier, le jour bissextile se représentait par un signe semblable aux supplémentaires; mais comme on ne pouvait le compter parmi ceux-ci d’une manière absolue, afin de ne pas déranger l’harmonie des jours et des années, on le plaçait en dehors du cadre; il avait ainsi sa place dans l’ordre chronologique et il s’écoulait avec les supplémentaires, sans qu’on lui donnât probablement aucune autre désignation. Il est à croire que les Mayas avaient quelque chose d’analogue.

[27] L’auteur de ce petit ouvrage donne d’excellentes raisons pour démontrer que l’Ahau-Katun était formé de périodes de 24 ans; mais en citant les manuscrits qui tous le déclarent, il n’en nomme aucun, et un peu plus loin il dit que ces manuscrits sont en petit nombre et incomplets, et qu’ils ne disent rien de l’origine de ce cycle. Notre auteur a-t-il bien compris ces manuscrits? Ajoutons que Landa et Cogolludo, sans compter même les faits consignés dans l’abrégé d’histoire chronologique, en langue maya, que Pio Perez invoque, paraissent prouver tout à fait le contraire. Voir ce que dit Landa § XLI, p. 315. Voici ce que dit Cogolludo: «Ils comptaient leurs ères et âges qu’ils mettaient dans leurs livres de 20 en 20 ans et par lustres de 4 en 4. Ils fixaient la première année à l’orient, lui donnant le nom de Cuch-haab, le second au couchant et l’appelaient Hiix, le troisième au sud, nommé Cauac, et le quatrième Muluc au nord. Ces lustres arrivant à cinq, faisaient vingt ans, ce qu’ils appelaient un Katun, et ils plaçaient une pierre sculptée sur une autre pierre également sculptée, fixée avec de la chaux et du sable dans les murs des temples, etc.» (Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.)

[28] Il est certain qu’à prendre ces chiffres pour guides, les périodes en question devraient être de 24 ans; mais ces chiffres, tout en s’accordant avec les séries de 24 en 24 ans, peuvent avoir une origine différente de celle que s’imagine l’auteur et faire partie d’une combinaison distincte, tout en servant à indiquer les Ahau-Katun. Ces calculs de l’auteur, comme on le voit, laissent beaucoup à désirer.

[29] L’auteur oublie complétement ment de nous dire quels sont ces manuscrits, et quant à ceux de don Cosme de Burgos qui vieudraient à l’appui de son système, s’ils sont perdus, comment les a-t-il pu connaître?

[30] Il est fort à regretter que tout cela ne soit pas mieux prouvé; car des faits rapportés par le manuscrit chronologique cité à l’appui de ces assertions, on est forcé de conclure, au contraire, que l’auteur anonyme de ce document donne à chaque période ou katun un nombre de vingt ans et non de vingt-quatre, ce que fait également Landa.

[31] Rien ne nous assure que ces périodes soient les périodes historiques; s’il y a eu des périodes de 24 en 24 ans, la citation actuelle donnerait plutôt à croire que ces chiffres s’appliquent à des périodes sacrées, non historiques ni civiles.