, voiler, cacher. Champollion, qui cherchait comment d’Amon, le dieu caché, on avait pu faire Amon-Ra, le soleil, en trouve l’explication dans un manuscrit où ce nom est écrit «Amoun,
, qui paraît dérivé, dit-il[208], de la même racine que l’ancien nom du soleil ΩΝ, et qui, tous deux, ont la plus grande analogie avec ουων,
et ΤΟΥΩΝΧ, illuminare, ostendere, apparere.» Amon-Ra est donc le soleil caché, dans son acception la plus vulgaire. Mais qu’est-ce que le soleil caché, sinon le soleil qui se plonge dans la mer, le soleil passé à l’Occident? de là les titres divers, de Seigneur de l’Amenti, de Seigneur du monde d’en bas, attribués à Osiris, de Seigneur des deux hémisphères, que lui donnent tous les monuments égyptiens, et que les égyptologues lui refusent systématiquement, en y substituant celui de Seigneur de la haute et de la basse Égypte. C’est dans le même sens que Tetzcatlipoca, appelé aussi, comme le Pan mexicain, Tonacateuctli, devient la personnification du soleil Tonatiuh ou Τουωνχ, Touônch, l’illuminateur, au Mexique, puis, en descendant au fond des eaux, le Seigneur des ombres et de la mort, Mictlanteuctli, le prince de l’Enfer[209], lequel est encore ailleurs le père de Tlaloc, dieu des eaux, des orages et des tempêtes, l’ouragan, dont il a été question plus haut.
La coïncidence n’est pas moins remarquable, si nous observons que, dans toutes les fêtes qui se célébraient à l’occasion de cette divinité, quatre prêtres portant, au Mexique, le nom de Tlaloque et Chac, au Yucatan, ainsi que le dieu dont ils étaient les ministres spéciaux, plaçaient aux quatre angles de la cour du temple, quatre grandes amphores, toujours remplies d’eau, dont ils avaient la garde. Dans une de ces fêtes consacrées à Zamnà, ces prêtres ayant fait un grand feu au milieu de la cour, y jetaient les cœurs de tous les animaux qu’ils pouvaient rassembler, et quand ils étaient consumés, éteignaient le feu avec l’eau contenue dans les quatre amphores[210]. C’est ainsi qu’en Égypte, les vases dits canopes, où l’on enfermait les entrailles des défunts, se trouvaient «toujours réunis quatre par quatre, ainsi que le sont les génies de l’Amenti ou enfer égyptien: Amtet, Hapi, Satmauf et Namès, dont ils portent ordinairement les têtes respectives qui les caractérisaient, c’est-à-dire humaine, de cynocéphale, de chacal et d’épervier[211].»
Ces canopes sont, sous le même nom, les dieux pénates du Pérou[212]. Can, ou con-op, ou con-ub, la puissance qui souffle, ou le vase supérieur; on les retrouve comme les quatre soutiens du monde, dans les quatre Bacab, qu’ils représentent dans les fêtes au Yucatan[213]; dans les quatre grands dieux du Mexique et de l’Amérique centrale, et le Livre Sacré nous les montre presque avec les mêmes symboles qu’en Égypte. C’est, en premier lieu, Hun-Ahpu-Vuch, un Tireur de sarbacane au Sarigue, dont le nom se retrouve dans celui de Sat ou Sutech[214], figuré, sans qu’on puisse s’y méprendre, dans le Sarigue, sur un grand nombre de monuments égyptiens, mais qu’aucun égyptologue n’a su expliquer jusqu’aujourd’hui, et qu’on n’expliquera pas facilement, si on ne le cherche en Amérique, le seul continent où se trouve cet animal[215]. Puis vient Hun-Ahpu-Utiu, un Tireur de sarbacane au chacal[216], puis Zaki-Nima-Tziiz, la grande Épine blanche ou le grand Porc-Épic-Blanc[217]; enfin, Tepeu-Gucumatz, l’Élevé, le Dominateur, le Maître de la Montagne, le Serpent aux plumes de quetzal, que le lecteur connaît déjà. Observons encore, à propos de ce nombre quatre, ceux des quatre animaux, dont les noms caractérisaient les initiés aux mystères de Mithras ou d’Osiris, du Lion ou Chacal, de la Hyène, de l’Aigle et du Corbeau, qui se représentent constamment, sous les mêmes noms et avec les mêmes symboles, dans les mystères antiques de la chevalerie au Mexique[218].
§ XIV.
Les dieux de l’Orcus mexicain, Ixcuina, déesse des amours, personnification de Mictecacihuatl, déesse de l’enfer. Ehecatl au Mexique, Yk au Yucatan, Eikton en Grèce, Hik en Égypte, l’air, l’esprit, le souffle. Phtha et Hun-Batz. Chouen et Chou-n-aten, etc.