[26] Cet oiseau inriri, appelé pico par les Espagnols, est le Picus imbrifœtus d’Hernandez. (Nieremberg, Hist. nat., lib. X, cap. 49.)
[27] Giaia est écrit Iaia dans l’abrégé de Ramusio. Ce Giaia était un homme puissant, dit le même abrégé.
[28] Malgré l’incohérence de toutes ces fables, on voit ici une connexion évidente entre l’histoire de ces poissons et celle des Caracols, rapportée plus haut. Ce chapitre et le suivant auraient dû précéder le VIIᵉ.
[29] Agiael, erreur du copiste, apparemment pour Giaiael.
[30] Dimivan-Caracaracol, sont deux noms extrêmement remarquables, d’autant plus qu’ils sont liés à d’autres noms, non moins curieux, qui vont suivre, et à des événements tout aussi intéressants. Déjà on a pu voir l’identité de Caras avec les Caras ou Cariens de l’Asie Mineure; ici se joint à ce nom celui de Dimivan, qui rappelle les Demavends, cette race antédiluvienne de la Perse. Ici encore Dimivan-Caracaracol avec les frères joue un rôle remarquable dans les événements qui causent, non le déluge, mais le cataclysme qui bouleverse l’Amérique et séparent les îles du continent.
[31] La version de Pierre Martyr, dans Ramusio, est beaucoup plus complète: «Du commencement de la mer, écrit celui-ci, ils disent qu’il y avait un homme puissant appelé Iaia: celui-ci ayant tué un fils unique qu’il avait, voulant l’ensevelir, et ne sachant où le mettre, l’enferma dans une grande calebasse, qu’il plaça ensuite au pied d’une montagne très-élevée, située à peu de distance du lieu qu’il habitait: or, il y allait la voir souvent par l’amour qu’il éprouvait pour son fils. Un jour, entre autres, l’ayant ouverte, il en sortit des baleines et d’autres poissons fort grands, de quoi Iaia, rempli d’épouvante, étant retourné chez lui, raconta à ses voisins tout ce qui lui était arrivé, disant que cette calebasse était remplie d’eau et de poissons à l’infini. Cette nouvelle s’étant divulguée, quatre frères qui étaient nés à la fois d’une seule couche, désireux de poissons, s’en allèrent où était la calebasse; comme ils l’avaient prise en mains pour l’ouvrir, Iaia étant survenu, et eux l’ayant aperçu, dans la crainte qu’ils eurent de lui, ils jetèrent par terre la calebasse; celle-ci s’étant brisée à cause du grand poids qu’elle renfermait, la mer sortit par ses ruptures, et toute la plaine qu’on voyait s’étendre au loin, sans fin ni terme d’aucun côté, s’étant couverte d’eau, fut submergée; les montagnes seulement restèrent, à cause de leur élévation, abritées de cette immense inondation, et ainsi ils croient que ces montagnes sont les îles et les autres parties de la terre qui se voient dans le monde.»
[32] Le nom de Con-El, fils de Con, qui suit les autres, n’est pas moins remarquable. Con ou Chon au Pérou, ce dieu sans chair et sans os, créateur des hommes qu’il détruit ensuite, pour leur donner plus tard une nouvelle existence, adoré au Mexique sous le nom de Co, Con, Comitl, comme un des symboles de la génération, rappelle d’une manière frappante le Kon, Chon ou Xons des théogonies antiques de l’Égypte et de la Phénicie, avec qui il est si complétement identique. Le Con-El de Haïti était muet; celui du Pérou sans chair ni os.
[33] Le cassabi ou pain de manioc, fait de la farine de la Yuca dont on extrait auparavant le suc, à cause de ses propriétés vénéneuses.
[34] Ce nom paraît être le même que le précédent Aiacauo.
[35] Ceci paraît être un sac où ils mettaient la cagioba ou coxoba, c’est-à-dire le tabac en poudre auquel il est fait souvent allusion dans ce petit ouvrage.