[16] L’endroit où l’on mène Guahagiona pour le guérir est un endroit retiré, et aussi un lieu sacré d’après l’étymologie du mot Gua-Nara.

[17] Guabonito, c’est-à-dire Goïave d’homme, suivant un interprète.

[18] Biberoci paraîtrait devoir s’interpréter Roi de l’amour de la seconde vie.

[19] Il y a ici probablement une erreur, Gualonito, tandis que plus haut il y a Guabonito.

[20] Le guanin était un bijou travaillé avec beaucoup d’art et en toutes sortes de figures. (Herrera, Hist. gen. de las Indias Occid., decad. I, chap. 3.) Le guanin était composé d’un amalgame de 18 parties d’or, 6 d’argent et 8 de cuivre. Ciba est la pierre.

[21] Ceci semble dire que l’usage de ces bijoux d’or devait son origine à Guabonito, à Albeborael, à Guahagiona et au père d’Albeborael, c’est-à-dire Albe-Bora, nom qui peut donner lieu à bien des conjectures, car il rappelle les nations primitives du nord, telles que les Hyper-Boréens, etc.

[22] Un commentateur de Romain croit trouver ici le commencement d’une dynastie antique, habile à travailler l’or et la pierre dure, et qui serait venue d’outre-mer; cette dynastie, les Hi-Auna ou Hi-Ona se rattacherait, suivant lui, aux anciennes tribus pélasges Aones ou Ioniens. La racine de ce nom, ion, on, ona, se trouve fréquemment, comme le peut voir le lecteur, dans les noms antiques de Haïti.

[23] Au lieu d’aigles, Pierre Martyr nous parle de fourmis qui descendaient le long des branches, ce qui a donné lieu à un grand nombre d’auteurs de cette époque de comparer cette fable à celle des Myrmidons.

[24] Ces êtres qui n’ont pas de sexe d’abord, sont cependant représentés ensuite par un pronom féminin, elles dans le texte italien; mais il se pourrait qu’il s’appliquât aux aigles, aguile.

[25] Caracaracol est un pluriel de caracol, formé par la répétition du mot, très-fréquent dans les langues anciennes de l’Amérique. Caracol est le nom générique du coquillage marin, et en particulier du crabe. Son étymologie haïtienne prête à de nombreuses interprétations: il signifie mot à mot, sorti d’un lieu sacré; dans le quiché, il signifierait, issu ou sorti d’un poisson. La coquille était au Mexique un symbole de la lune et en même temps de la génération: «De même que l’animal sort de sa coquille, ainsi que l’homme sort du ventre de sa mère,» dit un passage du MS. mexicain Letellier, de la Bibliothèque impériale. On peut remarquer encore, à cet égard, qu’en un grand nombre de ces provinces des îles et de terre ferme, où les hommes allaient nus, ils se cachaient le membre viril dans un grand coquillage, attaché par devant à une ceinture. Dans ce mot curieux on trouve le nom des Caras ou Cares, qui est répandu d’un bout à l’autre de l’Amérique, de la Floride au fond de la Bolivie, et d’où les Caraïbes ou Caribes paraissent avoir pris le leur. Ici, le Caracol paraît être l’aborigène de Haïti, ou du moins une race antérieure à ceux du Guanio ou Hiona, qu’elle sert comme esclave. Cette race est entachée d’une maladie analogue à la gale, la syphilis apparemment; car c’est en voguant en compagnie d’une femme du même pays, que Guahagiana a pris cette maladie. Voir au chapitre V.