On peut remarquer, en règle générale, que les voyelles ont deux sons: l’un ordinaire, comme celui que nous connaissons, et l’autre nasal, que l’usage seul peut apprendre à distinguer du premier.
DE L’ARTICLE.
Les noms, dans la langue maya, sont indéclinables comme en français; les cas sont formés par des prépositions, suivies ordinairement d’un article qui détermine le sujet. Ces articles sont u, qui détermine la possession. Ex.: U hol pop, le chef de la natte, ou le maître d’orchestre; u luum Mayabob, la terre des Mayas. Les véritables articles sont le, leti, letile.
Singulier masculin et féminin.
- N. Leti uinic, l’homme; le xçhup, la femme.
- G. Ti uinic, de l’homme; ti le xçhup, de la femme.
- D. Ti uaix, ulial lelile uinic, à ou pour l’homme.
- Ac. Ti le uinic, l’homme.
- V. Uinicé, o uinicé, ô homme[5].
- Ab. Ti, y ou yetel, etc. uinic, de, dans, avec, etc., l’homme.
Les mêmes articles et les mêmes prépositions s’emploient pour le pluriel comme pour le singulier et pour les trois genres. Au singulier, le neutre prend quelquefois l’article lo au lieu de le ou leti, et quant au pluriel, il se distingue par l’adjonction de la particule ob, ainsi qu’on le verra dans les noms.
DES NOMS SUBSTANTIFS ET ADJECTIF.
Le nom, en général, a deux formes, sous lesquelles il se présente, abstraite, comme che, bois ou arbre, kaz, mauvais, uinic, homme. Pour les déterminer, on leur ajoute l’affixe el ou il; ainsi, che fait cheil, le bois de quelqu’un ou de quelque chose; kaz fait kazil, la méchanceté ou le mal; uinic devient uinicil, l’humanité et aussi le corps de l’homme. Yum, père, et ná, mère, paraissent faire exception à cette règle: ainsi, un fils dira: In yum, mon père; a ná, ta mère, yumbil et náil devant être pris, au contraire, dans un sens moins déterminé. C’est pourquoi on dit dans le Symbole: In u-oczic-uol ti Dios yumbil, je crois en Dieu le Père.
Quoiqu’il y ait quelquefois de la différence entre les noms de personnes et ceux des animaux ou des êtres inanimés, cette différence est fort peu sensible. La particule pronominale ah ou simplement ’h s’affixe pour exprimer le masculin, et ix ou x pour le féminin[6]. Ex.: Ɔon, qui est la racine du verbe ɔonah, chasser, fait ’hɔon ou ahɔon, le chasseur, et ’xɔon, la chasseresse. Ces préfixes se placent également devant les adjectifs lorsque ceux-ci, avec le substantif auquel ils sont joints, servent à exprimer la qualité ou l’attribut de quelque personne. Ainsi, nohoch étant l’adjectif grand et ná la maison, on dirait: