Ajoutons ici, en passant, que les pronoms possessifs de la troisième et de la quatrième catégories s’unissent aux prépositions, citées plus haut, de la manière suivante: In-tial, par ou pour moi; a-tial, par ou pour toi; u-tial, par ou pour lui; u-oklal, sur moi; au-oklal, sur toi, etc.

Dans les grammaires modernes, on trouve aussi: In-tilil, pour mon ou le mien; a-tial, pour ton ou le tien; u-tilil, son ou le sien; in-tiil, le mien. Tous ces pronoms possessifs suivent la variation des genres et des nombres comme les précédents, à très-peu de différence près.

En fait de pronoms relatifs, nous trouvons ca, mac, maax, qui, quoi, lequel, ce qui, etc., maxaob au pluriel; maxtiil, dont, de qui; xmaac, maaclo, de qui; xmaxtiil, desquelles, au féminin, etc.

Entre les pronoms interrogatifs et d’admiration: Baax? maax? maac? qui? quoi? Ex.: Maax bin ú tucule? Qui le penserait?—Bic numia! Quel ennui!—Pronoms disjonctifs: Bic ú chaic hunppel ɔon, chacun prend une arme.—Ca hancech ema hancech, que vous mangiez ou non.

Pronoms indéfinis: Uamac, quelqu’un; mixmac, personne; uamax, qui que ce soit; cexmac, quoi que ce soit; cexma-calmac, quelque sorte; mixbaal, rien; yaab, beaucoup; ɔeɔec, peu; heɔani, un tel, certain, etc.

DU VERBE.

Les grammairiens primitifs de la langue maya admettent quatre conjugaisons; mais il est aisé de reconnaître qu’il n’y a de différence réelle qu’entre les verbes intransitifs ou neutres et les verbes transitifs ou actifs. Les variations qu’on y observe, d’ailleurs, se rapportent soit aux différents pronoms qui les suivent ou les précèdent, soit aux particules qui distinguent les différents temps. L’insuffisance des documents que nous avons entre les mains ne nous permet malheureusement pas de juger exactement des conditions de cette langue; nous n’y découvrons pas, jusqu’à présent, cette richesse et cette élégance de formes que nous avons trouvées dans les verbes de la langue quichée, bien qu’il s’y trouve des analogies très-frappantes avec celle-ci et que nous signalerons à l’occasion.

Gallatin, interprétant la grammaire de Beltran, comprend dans la première conjugaison maya tous les verbes neutres ou intransitifs; les trois autres, selon lui, ne sont que des subdivisions du verbe actif ou transitif. Ces trois dernières conjugaisons ont précisément, dans tous leurs temps et modes, les mêmes pronoms; il n’y a d’autre différence entre eux que les particules, qui distinguent les temps simples: ces temps sont le présent, le prétérit et le futur simple de l’indicatif, l’impératif et le présent de l’infinitif.

Dans la première, le prétérit défini termine en i et le futur simple en nac; le présent et l’infinitif, à peu d’exceptions près, finissent en al, el, il, ol, ul, ajouté à la racine du verbe, particularité qui s’applique également aux verbes actifs, quand ils deviennent absolus ou intransitifs, c’est-à-dire quand l’action ne passe pas du sujet à un objet quelconque. C’est pourquoi Beltran dit que tous les verbes des trois dernières conjugaisons peuvent, au besoin, être conjugués comme s’ils appartenaient à la première.

Ainsi uen, racine du verbe neutre dormir, fait uenel; kam, racine du verbe actif kamah, recevoir, fait kamal, etc. Mais ce que ni les auteurs qui ont traité de cette langue, ni Gallatin, ne se sont expliqué, c’est que les terminaisons en l indiquent tout simplement un participe présent, absolument semblable à celui qui existe dans le quiché et dans plusieurs autres langues de l’Amérique centrale[12]. Ce qui rend cette remarque plus sensible ici, c’est que le verbe nacal, se lever, cité comme exemple dans Beltran, est, ainsi que tous les autres verbes neutres, suivi de la particule cah, qui n’est autre qu’un verbe substantif être inusité[13]. Ex.: Uenel in cah représente exactement ces mots: Dormant je suis. Dans la grammaire moderne de Ruz, il y a: Ten in binel, je vais; mot-à-mot: actuellement, moi allant. Cette observation s’applique à tous les verbes actifs dans leur mode absolu ou intransitif. Je pourrais dire ainsi du verbe hantaal, manger. Ex.: Ten hantic in uail, je mange mon pain. Mais si je veux exprimer d’une manière absolue que je mange, sans dire quoi, je dis: Hanal in cah, mangeant je suis.