Que despues desta felicidad, una noche por ivierno vino un ayr como a las seis de la tarde y fue cresciendo haziendose huracan de quatro vientos y que este ayr derribo todos los arboles crecidos lo qual hizo gran matança en todo genero de caça y que derribo todas las casas altas las quales como son pajizas y tenian dentro lumbre por el frio, se encendieron y abrasaron gran parte de la gente, y que si algunos escapavan quedavan hechos pedaços de los golpes de la madera.
Y que duro este huracan hasta otro dia a las doze y que hallaron que avian escapado los que moravan en casas pequeñas, y los moços recien casados que alla usan hazer unas casillas en frente de sus padres o suegros donde moran los primeros años, y que assi perdio entonces el nombre la tierra que solia llamarse de los venados y pavos, y tan sin arboles que los que agora ay parecen que se plantaron juntos, segun estan nacidos a la ygual; y que mirando esta tierra de algunas partes altas, parece que toda esta cortada con una tijera.
Que los que escaparon se animaron a edificar y cultivar la tierra, y se multiplicaron mucho viniendoles XV años de salud y buenos temporales y que el ultimo fue el mas fertil de todos y que quiriendo començar a coger los frutos, sobrevinieron por toda la tierra unas calenturas pestilenciales que duraron XXIIII horas, y despues que cessavan, se hinchavan y rebentavan llenos de guzanos, y que con esta pestilencia murio mucha gente y se quedo gran parte de los frutos por coger.
Que despues de cessado la pestilencia uvieron otros dies y seis años buenos, en los quales se renovaron las passiones y vandos de manera que murieron en batallas C y L mil hombres, y que con esta matança se sosegaron y hizieron paz y descansaron por XX años, despues de los quales les dio pestilencia de unos granos grandes que les podria el cuerpo con gran hedor, de manera que se les caian los miembros a pedaços dentro de quatro o cinco dias. Que avra que passo esta ultima plaga mas de L años, y que la mortandad de las guerras fue XX años antes, y que la pestilencia de la hinchazon y guzanos seria XVI años antes de las guerras, y el huracan otros dies y seis antes que esta y XXII o XXIII despues de la destruicion de la cibdad de Mayapan, que, segun esta cuenta, ha CXXV años que se desbarrato dentro de los quales los de esta tierra an passado las dichas miserias, sin otras muchas despues que començaron a entrar en ella los españoles, assi por guerras como por otros castigos que Dios embio de manera que es maravilla aver la gente que ay aunque no es mucha.
§ X.—Calamités diverses qu’éprouve le Yucatan au siècle précédant la conquête, ouragan, pestes, guerres, etc.
Ces diverses populations vécurent durant plus de vingt ans dans l’abondance et la santé[68]. Elles se multiplièrent tellement, que la terre entière ne paraissait faire qu’une seule ville: c’est alors qu’ils construisirent des temples en si grand nombre, tels qu’on les voit aujourd’hui de tous les côtés, et qu’en traversant les forêts, on retrouve au milieu des bois des fondations de maisons et des édifices si merveilleusement travaillés.
Mais à la suite de cette prospérité, pendant une nuit d’hiver, il survint, vers les six heures du soir, un vent qui alla croissant, pour se changer bientôt en un ouragan des quatre points cardinaux[69]: ce vent renversa tous les arbres déjà grands, ce qui occasionna une destruction considérable de bêtes fauves; il enleva pareillement toutes les maisons élevées, lesquelles étant couvertes de paille et contenant du feu à cause du froid, s’enflammèrent et firent périr beaucoup de monde dans l’incendie; si quelques-uns s’échappèrent, ils restèrent estropiés des coups qu’ils avaient reçus sous les madriers de leurs maisons.
Cet ouragan dura jusqu’au lendemain midi. On trouva que ceux qui en étaient sortis sains et saufs, étaient ceux qui demeuraient dans les maisons les plus petites, ainsi que les époux nouvellement mariés; car il était d’usage pour ceux-ci d’habiter dans des cabanes érigées en face de la maison de leur père ou de leur beau-père, pendant les premières années qui suivent le mariage. Alors se perdit le nom que la péninsule avait accoutumé de porter anciennement, de terre du gibier et des oiseaux; elle resta tellement privée d’arbres, qu’il semble actuellement que ceux qu’il y a furent replantés tous ensemble, tant ils sont nés d’égale hauteur, et qu’en jetant les yeux sur le pays de quelque point élevé, on dirait que les bois ont été partout taillés avec des ciseaux.
Quant à ceux qui se sauvèrent, ils s’animèrent à réédifier et à cultiver la terre, et ils se multiplièrent considérablement avec quinze années de santé et d’abondance qui se succédèrent, la dernière étant la plus fertile de toutes. Mais, au moment où ils pensaient à commencer la cueillée des fruits, il survint partout le pays certaines fièvres pestilentielles qui duraient vingt-quatre heures: après qu’elles avaient cessé, le corps des malades enflait, puis crevait rempli de vers, avec quoi il mourut beaucoup de monde, les fruits de la terre restant en majeure partie abandonnés sans être recueillis.