Le successeur des Cocomes, nommé don Juan Cocom, depuis devenu chrétien, fut un homme d’une grande réputation, savant dans les sciences de son pays, d’une sagacité et d’une intelligence remarquables dans les choses naturelles; il pratiqua beaucoup l’auteur de ce livre, frère Diego de Landa, et lui raconta bien des faits concernant les antiquités de son histoire. Il lui montra, entre autres choses, un livre qui avait appartenu à son aïeul, descendant du Cocom[72] qu’ils avaient tué à Mayapan: on y voyait la peinture d’une bête fauve, et son aïeul lui avait dit que lorsqu’il viendrait dans cette contrée des bêtes fauves de cette espèce grande, car c’est ainsi qu’ils appelaient les vaches, le culte des dieux cesserait, ce qui s’était vérifié avec l’arrivée des grandes vaches que les Espagnols apportèrent dans la péninsule.
L’adelantado Francisco de Montejo était naturel de Salamanca et il passa aux Indes, après la fondation de la ville de Santo-Domingo, dans l’Ile Espagnole, ayant été auparavant quelque temps à Séville, où il laissa un fils encore enfant qui lui était né là. Etant venu à la ville de Cuba, où il gagnait sa vie, il s’y fit beaucoup d’amis parce qu’il était de bonne condition, et de ce nombre furent Diego Velasquez, gouverneur de cette île, et Hernando Cortès. A la suite de la nouvelle apportée par Francisco Hernandez de Cordoba, des riches contrées qu’il avait explorées, le gouverneur avait envoyé Francisco de Grijalva, son neveu, faire des échanges au Yucatan et découvrir de nouvelles terres, déterminant en même temps que Montejo accompagnerait Grijalva dans son expédition. Montejo mit à la mer un des navires avec des vivres en abondance; et comme il était riche, ainsi que les autres Espagnols qui, les seconds, explorèrent le Yucatan, il éprouva, en reconnaissant la côte de la péninsule, le désir de s’y enrichir de préférence à Cuba. Plus tard, voyant la détermination de Hernando Cortès, il le suivit de sa personne et de sa fortune, et Cortès lui confia le soin d’un navire, dont il le nomma capitaine. Arrivés dans le Yucatan, ils y prirent Geronimo de Aguilar, de la bouche duquel Montejo s’instruisit des choses de cette terre. Après son débarquement dans la Nouvelle Espagne, Cortès commença immédiatement à édifier la première localité espagnole, à laquelle il donna le nom de la Vera-Cruz, d’après l’insigne de sa bannière: Montejo, ayant été choisi pour un des alcaldes du roi dans cette ville, se conduisit avec beaucoup de prudence dans sa charge, ce que Cortès publia au retour de son voyage le long de la côte. C’est pourquoi il le dépêcha ensuite en Espagne, comme un des procureurs de cette colonie de la Nouvelle Espagne, afin de porter avec le quint royal au souverain, la relation de la terre nouvellement découverte et des choses qui commençaient à s’y faire.
A son arrivée à la cour de Castille, Montejo trouva pour président du conseil des Indes Juan Rodriguez de Fonseca, évêque de Burgos: celui-ci avait été indisposé méchamment contre Cortès par Diego Velasquez, gouverneur de Cuba, qui prétendait également au gouvernement de la Nouvelle Espagne, et la plupart des membres du conseil étaient également prévenus contre Cortès qui, à leur avis, loin d’envoyer de l’argent au roi, paraissait au contraire en demander. Comprenant qu’en l’absence de l’empereur, qui était en Flandre, les affaires de son chef prenaient une mauvaise tournure, il resta sept ans à travailler pour lui, de l’an 1519 jusqu’à l’an 1526, qu’il se rembarqua, et par sa persévérance il réussit à récuser le président et le pape Adrien qui était régent[73]; il parla à l’empereur avec tant de succès que l’on finit par dépêcher les affaires de Cortès, suivant la justice et la raison.
§ XII.—Montejo navega á Yucatan y toma posesion de la tierra. Los Cheles le conceden el asiento de Chicheniza. Los indios le obligan á que lo deje.
Que en este tiempo que Montejo estuvo en la corte negocio para si la conquista de Yucatan, aunque pudiera negociar otras cosas; y dieronle titulo de Adelantado y que assi se vino a Sevilla y llevo un sobrino suyo de treze años de su mismo nombre y que hallo en Sevilla a su hijo de edad de XXVIII años a quien llevo consigo y que trato palabras de casamiento con una señora de Sevilla viuda que era rica y assi pudo juntar D hombres, y los embarco en tres navios, y siguio su viage y aporto a Cuzmil, isla de Yucatan donde los indios no se alteraron, porque estavan domesticados con los españoles de Cortes; y que alli procuro saber muchos vocablos de los indios para entenderse con ellos, y que de alli navego a Yucatan, y tomo la possession, diziendo un Alferez suyo con la vandera en la mano: en nombre de Dios tomo la possession desta tierra por Dios y por el rey de Castilla.
Que desta manera se fue la costa abaxo, que estava bien poblada entonces, hasta llegar a Conil, pueblo de aquella costa y que los indios se espantaron de ver tantos cavallos y gente y que dieron aviso a toda la tierra de lo que passava y esperavan el fin que tenian los españoles.
Que los indios señores de la provincia de Chicaca vinieron al Adelantado a visitarle de paz y que fueron bien recibidos, entre los quales venia un hombre de grandes fuerças y que este quito un alfange a un negrillo que le llevava detras de su amo y quiso matar con el al Adelantado, el qual se defendio y se llegaron españoles y se apaziguo el ruydo y entendieron que era menester andar sobre aviso.
Que el Adelantado procuro entender qual era la mayor poblacion, y entendio que era la de Tecoh donde eran señores los Cheles, la qual estava en la costa la tierra abaxo por el camino que los españoles llevavan, y que los indios pensando que caminavan para salirse de la tierra, no se alteravan, ni les estorvavan el camino y que desta manera llegaron a Tecoch y que hallaron ser pueblo mayor y mejor que avian pensado, y que fue dichoso no ser señores de aquella tierra los Covohes de Champoton que siempre fueron de mas corage que los Cheles, los quales con el sacerdotio que les dura hasta oy, no son tan orgullosos como otros, y que por esto concedieron al Adelantado que pudiesse hazer un pueblo para su gente y les dieron para ello el assiento de Chicheniza, VII leguas de alli, que es muy excellente, y que desde alli fue conquistando la tierra, lo qual hizo facilmente porque los de Ahkinchel no le resistieron, y los de Tutuxiu le ayudaron y con esto los demas hizieron poca resistencia.
Que desta manera pidio el Adelantado gente para edificar en Chicheniza, y que en breve edifico un pueblo, haziendo las casas de madera y la cobertura de ciertas palmas y paja larga al uso de los indios. Y assi viendo que los indios servian sin pesadumbre, conto la gente de la tierra que era mucha y repartio los pueblos entre los españoles, y segun dizen a quien menos cabia alcanzava dos o tres mil indios de repartimiento y que assi començo a dar orden a los naturales, como avian de servir a aquella su cibdad y que no pluxo mucho a los indios, aunque dissimularon por entonces.