Une morale négative, des passions mesquines qui ne laissent pas de place au repentir, le prestige du mal subi par l’imagination, l’avarice morale érigée en principe, joint au faux amour de soi, obscurcissent les consciences. L’opportunisme substitué à la droiture, la vanité et la mauvaise foi dominant les vies, tels sont les traits saillants de la société actuelle, le triste miroir où se reflètent les âmes de la grande masse de ceux qui s’intitulent honnêtes gens.
Si ces âmes à demi mortes veulent renaître, elles doivent accomplir un double travail: se rendre compte de leur pauvreté, des mensonges où elles vivent, des bassesses où leur cœur se complaît et comprendre enfin que si elles ne basent pas leur vie sur un idéal de justice et de vérité, elles condamnent irrémédiablement les principes qu’elles prétendent professer.
Dans la création rien ne reste stationnaire et il doit être dans la pensée divine d’ordonner à l’homme un développement moral incessant. Peu importe si le réveil est lent, s’il n’y a que des âmes isolées qui se mettent en route! Chacune des grandes réformes morales est sortie du travail d’une seule conscience. Il s’agit aujourd’hui de préparer des générations nouvelles plus heureuses que les précédentes parce qu’elles connaîtront mieux le prix de la vie, sauront éliminer les fausses souffrances, seront conscientes de leur pouvoir, auront confiance dans leur volonté et posséderont leur âme.
La première impulsion est donnée, le bien est remis en honneur, il ne reste qu’à se connaître soi-même et à marcher.
CHAPITRE II
LE PRESTIGE DU MAL
La force est la reine du monde.
(Pascal.)