Le temps est redevenu sec et beau. Les fouilles ont repris, on a fait quelques découvertes importantes, entre autres une tête de guerrier qu’on croit être un Ajax.

— Donnez-moi des nouvelles de Gino, disait ce matin M. de Hauteville à madame de Faverges. Je veux lui écrire, lui apprendre nos recherches ; vous savez que c’est un amateur passionné ; lui seul peut me donner les renseignements qui me sont nécessaires.

— Je ne connais pas son adresse actuelle, mais il y a trois mois il était au lac de Côme, chez la princesse Grimaldi.

— Je vais lui écrire tout de suite, il nous le faut absolument pour le printemps.

— Qui est Gino ? a demandé Renée à sa tante.

— Comment ! vous ne le connaissez pas ? C’est le marquis de Belmonte, un ancien ami de votre mari, un condisciple de l’école militaire, qui plus est, archéologue distingué et homme à bonnes fortunes, très connu à Paris et ailleurs.

— Est-il marié ?

— Oui, mais depuis longtemps séparé de sa femme.

Ce nom ne m’était pas inconnu. Je me rappelais vaguement avoir rencontré autrefois le marquis chez ma marraine.

Plus tard, comme nous nous promenions sur le terrain des fouilles et que M. de Hauteville nous expliquait les théories de l’école allemande :