— Que vous importe ? fis-je de nouveau.
Il m’avait si profondément ulcérée dans mon orgueil que j’éprouvais, à le braver, une satisfaction qui me vengeait.
— Vous avez raison, Thérèse, que m’importe ?... Misérable que je suis !
Il avait lâché mon bras et marchait fiévreusement dans la chambre, crispant ses mains, prononçant des paroles entrecoupées. Je le regardais, et peu à peu l’agitation qui dominait cet homme s’empara de moi. Un trouble indistinct m’envahissait. Ma colère était tombée. Il se rapprocha.
— Puisque vous l’aimez, Thérèse, partez ! oui, partez !
Sa voix était rauque par l’effort qu’il faisait pour la rendre calme, et il tremblait au point qu’il était forcé de s’appuyer au socle de la statue. D’une de ses mains il couvrit son front, où se lisait quelque chose qui ressemblait à du désespoir.
— Partez ! répéta-t-il violemment, puisque vous l’aimez ; partez !
— Mais je ne l’aime pas ! m’écriai-je presque involontairement.
Un cri lui échappa et une expression de joie indicible éclaira soudain son visage. Sous ce rayonnement je baissai les yeux, éperdue.
— Thérèse, ne partez pas !