Un banc était près de moi ; défaillante, je m’y laissai tomber. Le marquis attendait une réponse. Rejetant en arrière le voile qui cachait mes yeux :
— Cela dépend, murmurai-je.
Ses regards ardents plongèrent dans les miens. — Le dégoût me montait au cœur ; je sentais que, si je ne prononçais pas le mot fatal, si je tardais d’un instant, il ne serait jamais prononcé. Je m’étais relevée.
— Où irez-vous ? me demanda M. de Belmonte.
Je voulus parler, ma voix se brisa. Il répéta sa question. Alors, appelant à mon aide toutes les forces concentrées de mon amour et de mon désespoir :
— Où vous voudrez, répondis-je.
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Je suis rentrée dans ma chambre, j’ai fermé mes malles, brûlé mes papiers et je n’ai gardé que ce cahier où j’ai écrit heure par heure mes angoisses. J’attends le lever du jour pour partir. A la petite porte du parc, je dois trouver M. de Belmonte.
Plus avant dans la nuit.