Vers le soir je cède aux prières des hommes qui me demandent de bien vouloir les soigner.

Un petit garçon de onze ans se présente à moi avec le voile du palais à moitié détruit. Des hommes atteints de cataractes congénitales, de gommes syphilitiques, d'otite, de ptérygion et de granulations sont visités.

J'avais vu soixante-dix consultants et j'avais reconnu malades quarante-six femmes et enfants et sept hommes.

Pendant ce temps sur la petite place située en contrebas de la tente où je donne mes consultations, un orchestre chaouïa entame, en signe de réjouissance, une musique plus originale qu'agréable.

C'est pendant cette journée que j'ai l'occasion de faire connaissance d'une matronne nommée Mekdour Hmama bent el Messaoud Amri.

Douée d'une vive intelligence, elle m'a donné de précieux renseignements sur la manière dont se pratique l'accouchement. C'est auprès d'elle que je contrôle ce qui m'en a été dit à Arris sur les manoeuvres abortives.

Quand la femme est enceinte elle ne prend aucuns soins particuliers à son état, ni pour le ventre, ni pour les organes génitaux, ni pour les mamelles.

Elle continue à se livrer aux plus rudes travaux qui remplissent sa vie ordinaire; car la femme chaouïa travaille aux champs, fait les provisions de bois, et porte sur son dos d'énormes fagots dont le poids la courbe en deux. C'est elle qui apporte au gourbi la provision d'eau; elle encore qui vaque aux soins du ménage, d'ailleurs assez rudimentaire.

Chez la femme chaouïa, le ventre distendu et que rien ne soutient est presque toujours flétri lorsqu'elle a eu des enfants.

Il présente fréquemment des hernies ombilicales, conséquence de la distension de l'anneau ombilical.