Au terme de la grossesse, quand le travail se déclare, la parturiente est placée dans une position mi-allongée, mi-assise; elle est soutenue en arrière par la matrone qui enlace son thorax de ses bras en passant sous les aisselles. Avec les pieds elle s'arcboute contre le sol, et afin de faciliter l'effort et de le produire plus considérable, elle tire sur une corde attachée à un des rondins de bois qui composent la partie supérieure du gourbi.
Quand la période d'expulsion arrive, la matrone placée en arrière de la parturiente, la secoue, afin dit-elle que «l'expulsion se fasse plus rapidement.»
Quand l'accouchement est normal et qu'il doit se terminer favorablement, il se fait assez rapidement. Si l'expulsion tarde à se faire, on fait avaler du beurre fondu à la femme en douleurs, afin dit-on de «faciliter le glissement.»
Si, par le fait d'un excès de volume du foetus ou par suite du rétrécissement du bassin, l'expulsion spontanée ne se fait pas, aucune intervention n'a lieu, la femme est abandonnée à la volonté de Dieu et elle meurt.
L'expulsion du placenta se fait immédiatement après celle du foetus; le cordon est coupé à quatre travers de doigt de l'ombilic et lié avec un cordon de laine; on saupoudre ensuite la plaie avec de l'antimoine, il n'y a pas d'autre pansement.
Si l'expulsion spontanée du placenta ne se fait pas, aucune intervention manuelle n'a lieu.
Les procédés employés pour provoquer la contraction utérine nécessaire au décollement du placenta sont les suivants:
Le piment pilé est donné sous forme de prise, dans le but de provoquer, à l'aide d'éternuement, une contraction des muscles abdominaux, l'abaissement du diaphragme, l'irritation du muscle utérin, sa contraction, le décollement du placenta et son expulsion.
On introduit aussi parfois une corde de laine dans la gorge de l'accouchée. Il survient un effort de vomissement et le mécanisme précité se produit.
Ou bien encore, la femme est mise debout, le bassin fléchi sur les cuises; à l'aide d'un bâton auquel on imprime des mouvements de va et vient, on frotte la la partie inférieure du ventre, celle qui répond à l'utérus. Ce dernier système n'est en somme que l'application barbare du procédé qui, chez nous, consiste à irriter l'utérus par des frictions.