Pleins d’une présomptueuse assurance, nous nous engageons sur notre digue de fortune… mais la terre encore molle et mal tassée s’effondre du côté droit. Notre lourde voiture prend des libertés dangereuses avec la ligne droite. Elle penche, elle penche… à rendre des points à la tour de Pise… Je sens que nous allons chavirer ! Par bonheur, un changement de vitesse rapide et opportun remet tout en place et nous tire de peine.
— Encore un obstacle « qui ne nous aura pas ! » dit Guérin.
C’est égal, nous retrouvons la terre ferme avec un certain soulagement.
Elle est très ferme en effet, et la route d’une dureté aussi engageante qu’hier. Aussi, nous roulons en quatrième vitesse à la grande joie des populations, qui nous regardent passer comme une trombe. L’absence de vaches nous humilie un peu, mais on ne peut pas tout avoir !
Après Roum nous quittons la province de M. Chambert pour entrer dans celle de M. Lorin.
L’approche du but nous donne des ailes !
Vlan ! Tout à coup, un piquet se dresse au milieu de notre belle route qui s’arrête brusquement… Dans la langue muette mais énergique des piquets, cela veut dire : Halte-là, on ne passe pas !
Nous sommes consternés… Mais que faire ? Continuer notre route, c’est le parti auquel nous nous arrêtons ; nous nous y arrêtons même très peu et nous repartons de plus belle à l’aventure !
UNE PROCESSION A SIEM-REAP