Notre aimable compagnon veut bien remplir les fonctions de cuisinier où il excelle d’ailleurs et, avec l’aide de Tiam, se met à préparer le dîner.
Guérin revient trempé jusqu’aux « eaux » (suivant sa propre expression). Nous mangeons vite et sans rien dire, puis nous nous couchons sur des nattes.
Et je constate une fois de plus que le bruit de la pluie est éminemment soporifique.
18 avril 1908.
… Dès cinq heures du matin, nous ouvrons les yeux… et la plus vive stupéfaction se peint dans nos regards.
— Y a du monde ! s’écrie Guérin !
Et en effet, la pagode abandonnée s’est peuplée pendant la nuit ! En face de nos nattes, sont accroupis une dizaine de bonzes et autant d’indigènes. Toute cette assemblée garde le plus profond silence et la plus hiératique immobilité.
Ne voulant pas paraître moins flegmatiques, nous nous décidons à nous habiller publiquement… Personne ne dit rien, de part ni d’autre.
— « Je crois tout de même qu’ils sont épatés ! » murmure Guérin.