Tous nos amis sont d’ailleurs unanimes à déclarer que nous n’arriverons jamais ; ils ne nous cachent point l’agréable espérance de nous voir revenir au bout de quelques jours.

Nous verrons bien…


Dimanche 15 mars 1908.

Nous allons donc refaire aujourd’hui cette route de Saïgon à Tay-Ninh qui nous est déjà familière. Pour nous, le vrai départ ne datera que de demain, où nous nous élancerons dans l’inconnu.

Ce matin, nous sommes tous allés à la messe.

A deux heures, le cœur un peu serré tout de même à la pensée de quitter nos amis de Saïgon que nous reverrons Dieu sait quand ! nous nous rendons au garage d’Hippolito, où nous rejoignent le commandant Bertrand et M. de Mayréna.

La voiture est toute prête, en tenue de campagne. Rien ne manque, pas un boulon…

Nous disons adieu à Gustave de Bernis qui voudrait bien nous accompagner, mais qui se trouve forcé de rentrer en France, et nous serrons les mains de nos deux autres amis.

Allons ! nous prenons place, le fidèle Guérin au volant.