A la façon dont elle glisse
Oh ! oh ! c’est une impératrice !
Mais ne chantons pas victoire… la forêt nous ménage encore d’autres surprises, on dirait vraiment qu’elle se défend contre nous et se plaît à nous tendre des pièges.
A peine désensablés, un arbre nous barre la route. Et quel arbre ! Un phénomène végétal comme on n’en voit qu’ici !
A nous les haches et les scies ! Mais vraiment les bûcherons improvisés que nous sommes se sentiraient quelque velléité de jeter le manche après la cognée, si nous n’étions soutenus par la ferme volonté d’arriver et par l’horreur naturelle du demi-tour !
Enfin, le géant tombe sous nos coups, et nous repartons tout fiers… jusqu’à un autre arbre, qui semble nous dire ironiquement : On ne passe pas !
Il est d’ailleurs très pittoresque, ce second adversaire ! Négligemment incliné au-dessus de la route, mais retenu par la cime à un fouillis de lianes, il symbolise à merveille le déraciné de Maurice Barrès ! Le mal est que la voûte naturelle qu’il forme nous surplombe d’un peu trop près… Je passe quand même, mais la capote s’accroche à une liane, la secousse ébranle tout ce portique végétal, le déraciné se décroche et vient s’écraser à quelques centimètres de l’arrière de la voiture avec un fracas épouvantable. Nous l’avons échappé belle !
Pour nous redonner un peu de cœur, voici maintenant que les ornières se creusent et se multiplient sous nos roues. Il faut encore avoir recours à notre arsenal de pelles et de pioches et reprendre notre dure besogne de terrassiers… et nous n’avons à compter que sur nous-mêmes, pauvres Robinsons de la brousse. Autour de nous, c’est la solitude absolue… pas le moindre indigène, pas le moindre coolie.
Et à l’horizon
Aucune maison,