Il aurait fallu remplacer le fusil par une batterie d’artillerie.


21 mars 1908.

Cinq heures et demie du matin… Il n’y a pas à dire ! nous ne sommes pas très dispos : pour ma part, il me semble que je dormirais bien encore une douzaine d’heures : le compagnon s’étire avec mélancolie ; Bernis prétend qu’il entend crier ses articulations et Guérin réclame une clef anglaise pour s’ouvrir les yeux.

HALTE SUR LE CHEMIN DE KRECK

Enfin, l’eau froide ruisselle et le savon mousse dans des récipients de fortune et dans les tubs en caoutchouc : et nous voilà presque frais.

Bien nous en prend, pour la cause de la dignité européenne : car à peine sommes-nous présentables que les notables du village envahissent notre canha.

Ce sont des gens très bien : ils nous apportent les cadeaux d’usage (dont il faut d’ailleurs les remercier largement, car les lays ne sont qu’un échange de bons procédés).

Ces cadeaux d’ailleurs, ne manquent pas d’agrément. Aujourd’hui, parmi les bananes, les œufs, les noix de coco… et autres légumes, se distingue un petit cochon de lait, gras à souhait, appétissant et rebondi qui apportera dans notre ordinaire un élément de variété et de gaîté tout à fait appréciable.