Notre provision de cognac et de whisky est épuisée… et comme les alcools européens n’ont pas encore envahi ce pays (qui s’enivre provisoirement, depuis quelques siècles, avec le choum-choum, eau-de-vie de riz nationale !) nous allons nous trouver désormais réduits à l’eau et au thé. Déjà je m’entraîne pour me créer cet état d’âme (ou tout au moins d’estomac !) qui nous a valu les teatotalers, ces irréductibles adversaires de l’alcoolisme.

Mais qu’importe ! La machine est prête et cela suffit à nous consoler de tout le reste. Demain nous partirons pour Kodorum, village éloigné d’une trentaine de kilomètres ; nous espérons y coucher… si nous y arrivons, car nous ne sommes qu’au début de nos peines et nous n’en avons pas encore fini, sans doute, avec l’hostilité des choses et la Némésis indo-chinoise.

PORTE D’ANG-KOR-VAT (COTÉ OUEST)

HALTE A KODORUM

CHAPITRE VI
DÉPART DE KRECK — UN PEU DE VITESSE
ARRIVÉE A SUONG

23 mars 1908.

Au revoir, Kreck !