GRANDE GALERIE DU CLOITRE D’ANG-KOR-VAT

NOTRE CAMPEMENT A SUONG

CHAPITRE VII
DE SUONG A KOMPONG-CHAM — UN INCIDENT

24 mars 1908.

Aux premières lueurs de l’aube, Guérin ausculte la machine et l’examine en détail jusque dans ses moindres organes. Il est à craindre en effet que les cahots continuels de la journée d’hier, qui ont mis à la plus dure épreuve toutes les pièces de la machine et surtout les essieux, les roues et la direction, n’aient infligé à notre vaillante compagne une de ces secrètes meurtrissures qui brisent à la longue les moteurs, tout comme les vases.

Nous suivons les opérations de notre habile mécanicien presque avec la même angoisse que nous inspirerait l’examen d’un malade par un praticien célèbre.

Mais le calme de Guérin nous rassure ; nous ne le voyons brandir aucun de ces instruments terribles qu’exige une opération sur l’organisme compliqué d’une auto.

La revue s’achève par un cri de triomphe ! Tout va bien, rien n’a bougé ! Toutes les pièces ont merveilleusement résisté au terrible travail que nous leur avons imposé.

Après un simple graissage, nous allons pouvoir repartir.