Le Résident de Kompong-Thom, M. Chambert, est prévenu de notre passage. De plus, tous les villages ont reçu des instructions pour déblayer la route, autant que possible.

Dans la province de M. Chambert où nous aurons une grande rivière à traverser, un pont provisoire doit être établi par les soins de ce Résident ! Nous ne saurions assez dire combien nous sommes touchés de tant de prévenances et de bons procédés. Nous y trouvons le plus précieux encouragement et la réconfortante certitude que nous avons été compris, et que tous ceux qui aiment ce pays ne nous ménageront pas leur concours et favoriseront de leur mieux la réussite de notre expédition.

Ainsi, dorénavant, notre route est tracée et tout y semble savamment étudié et prévu. Nous ne marcherons donc plus dans l’inconnu, et pour ainsi dire, à la découverte des obstacles et au petit malheur !


26 mars 1908.

Chacun sait par expérience que rien n’est plus occupé ni souvent plus fatigant qu’une journée de repos !… et que l’on se donne plus de mal pour son plaisir que pour son profit.

Conformément à cette règle générale nous avons décidé de nous adonner en ce jour au noble plaisir de la chasse.

Dès six heures du matin, nous partons donc, M. Dessenlis, Bernis et moi pour chasser en forêt.

Aussitôt placés la battue commence.

Elle rabat peu de gibier : un gros singe, deux coqs et une civette que M. Dessenlis s’adjuge d’un coup de fusil magistral.