PRISE DE TOULON.
«Au quartier général de Toulon, le 6 de nivôse an II de la République française (26 décembre 1793) [3].
[Note 3:][ (retour) ] Tout fait présumer que ce rapport a été fait par le général Bonaparte. (Note de l'Éditeur.)
LE GÉNÉRAL EN CHEF DE L'ARMÉE D'ITALIE, CHARGÉ DU SIÉGE DE TOULON, AU PRÉSIDENT DE LA CONVENTION NATIONALE.
«Citoyen président, je te prie de communiquer à la Convention un court mémoire que j'ai cru nécessaire de publier pour redresser l'opinion publique, que de fausses relations peuvent induire en erreur sur la prise de Toulon; il est dicté par la plus scrupuleuse impartialité et par la vérité, que j'aime autant que la République.
«Nous aurions pu t'envoyer les drapeaux des esclaves que nous avons combattus, et dont nous avons trouvé un grand nombre dans les postes avancés; mais nos braves frères d'armes n'ont pris que les drapeaux emportés sur la brèche, ou arrachés des mains d'un ennemi, et ils auraient rougi d'une trivialité qui ne doit plus en imposer à personne. J'aurais pu me donner quelque éclat personnel en prenant les devants pour annoncer un si grand événement; mais Toulon était pris, j'y avais contribué de toutes mes facultés, c'était assez pour moi: la gloire doit être tout entière à mes braves frères d'armes. Je cherche encore dans l'obscurité des rangs les soldats qui se sont distingués, et je ne publierai les noms des officiers qu'après avoir fait connaître ceux qui les ont secondés.
«Salut et fraternité,
DUGOMMIER.»
MEMOIRE SUR LA PRISE DE TOULON.
«Je ne me suis pas empressé de donner les détails les plus essentiels de la réduction de Toulon parce que je devais croire que beaucoup d'autres pouvaient se livrer à ce doux loisir et satisfaire la curiosité du public sans préjudicier à de plus importantes occupations.