«Valladolid, le 1er juin 1811.

«Je reçois votre lettre du 30. Vos dispositions sont parfaites, et je vous en fais mon compliment de tout mon coeur. Je vais me mettre à même de vous appuyer au besoin. Je vous prie de m'écrire le plus souvent possible: personne ne prendra plus de part à votre marche et à vos succès que moi.

«J'ai envoyé cette nuit l'ordre au général Roguet de rentrer. Je vais porter une partie de la cavalerie sur Salamanque et m'échelonner de manière à pouvoir me mettre en marche au premier avis que vous m'en donnerez.»

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.

Paris, le 3 juin 1811.

«L'Empereur me charge de vous faire connaître, monsieur le maréchal, qu'il est nécessaire que votre artillerie soit bien remontée et bien approvisionnée avant de faire aucun mouvement important; qu'il faut quel vous ayez au moins soixante pièces de canon attelées, avec leur approvisionnement, et que votre armée soit parfaitement reposée et réorganisée.

«Vous êtes autorisé à donner l'ordre au duc d'Abrantès, et à tous les généraux qui ne vous conviendraient pas, de rentrer en France. Enfin, monsieur le maréchal, vous devra arranger votre armée de manière qu'elle soit parfaitement dans votre main et que vous n'éprouviez aucun obstacle.

«Indépendamment de la brigade du général Wathier, M. le maréchal duc d'Istrie a l'ordre de vous remettre cinq cents chevaux d'artillerie et de lever tous les mulets qu'il sera possible de trouver.

«Rappelez tous les détachements de votre armée qui se trouvent isolés dans les villes du sixième et du septième gouvernement. Des troupes doivent remplacer incessamment, dans la Biscaye et dans la Navarre, les régiments provisoires et de marche qui s'y trouvent et qui sont composés d'hommes appartenant à l'armée de Portugal; vous vous trouverez par là obtenir une augmentation d'environ neuf mille hommes. Deux mille chevaux d'artillerie sont en mouvement pour se rendre à Bayonne, et quatre mille hommes de cavalerie appartenant à votre armée vont incessamment vous rejoindre.

«L'Empereur aurait désiré, monsieur le maréchal, avoir l'état de situation de l'armée de Portugal. J'ai reçu le petit état d'organisation que vous m'avez envoyé, mais qui ne contient aucune force ni même l'indication des bataillons et escadrons. Témoignez à votre chef d'état-major combien l'Empereur est impatient d'avoir ces états, et prescrivez-lui la plus grande exactitude à me les envoyer aux époques prescrites. Sa Majesté s'occupe essentiellement de son armée de Portugal, et je suis dans l'impossibilité de lui en présenter la situation récente.»