«Alexandre.»

NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.

«Bautzen, le 6 septembre 1813,
dix heures du matin.

«Mon cousin, rendez-vous aujourd'hui sur Kamens et Königsbrück, pour pouvoir arriver demain à Dresde, s'il est nécessaire. Je vais moi-même m'approcher aujourd'hui de Dresde, et je verrai si les choses sont aussi sérieuses que paraîtrait l'annoncer la dépêche du maréchal Saint-Cyr. Si cela était moins sérieux, de la petite ville de Königsbruck et de Kamens vous pourriez toujours vous reporter sur Hoyerswerda. Emmenez tout ce qui appartient à votre corps, et ne laissez personne à Bautzen.--Le général Normam ayant marché du côté de Königsbruck, vous le prendrez sous vos ordres: il sera nécessaire que vous l'employiez à flanquer votre marche.

«Napoléon.»

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.

«Dresde, le 7 septembre 1813.

«Il est neuf heures du matin, monsieur le duc. L'Empereur suppose que vous avez reçu la lettre que je vous ai écrite à quatre heures du matin. Jusqu'à ce moment, l'ennemi ne paraît pas avoir de monde à Dippoldiswald, et nous sommes toujours dans l'opinion que le mouvement que l'ennemi fait sur la rive gauche de l'Elbe a pour but de rappeler l'Empereur de son mouvement sur la Neisse.

«Nous recevons des nouvelles du prince de la Moskowa; il a attaqué l'ennemi le 5 à deux lieues de Wittenberg; il l'a battu et repoussé jusqu'à cinq lieues sur la route de Interburg. L'Empereur pense donc qu'il sera utile que vous vous rendiez à Hoyerswerda, et de là pousser une avant-garde sur Kalau. Arrivé à Lukau, vous ne serez qu'à trois fortes marches de Dresde, et à même distance de Berlin. Sa Majesté pense donc que vous devez diriger de suite la valeur d'une division sur Hoyerswerda, et garder pendant toute la journée d'aujourd'hui votre troisième division à Kamens, pour bien rallier tous vos traîneurs.

«Vous trouverez ci-joint un ordre qui met le général Lhéritier à votre disposition. Ce général est à Grossenhayn; il pourra vous rejoindre par Elsterwerda, Senftenberg, ou par Sonnenwald. Comme il a deux bataillons d'infanterie, quelques pièces de canon et plus de deux mille chevaux, s'il marche réuni et avec précaution, il n'aura rien à craindre dans sa marche pour flanquer votre gauche.