«Pour le prince vice-connétable, major-général,
«Le général de division, chef de l'état-major,
«Comte Monthion.»
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.
«Dresde, le 27 septembre 1813,
neuf heures du matin.
«Mon cousin, votre première division arrivera demain à Eilenbourg; votre seconde à Wurtzen, et votre troisième à Oschatz. La cavalerie du général Latour-Maubourg sera sur Dahlen et Schilda. Votre quartier général sera demain à Wurtzen. Vous donnerez ordre qu'une brigade de grosse cavalerie reste à Meissen jusqu'à ce qu'elle y soit relevée par six cents hommes de cavalerie qui appartiennent au cinquième corps et qui sont aujourd'hui à Wilsdruf.--Tenez votre quartier général toute la journée d'aujourd'hui à Meissen.--Vous formerez trois colonnes, chacune de trois à quatre cents hommes de cavalerie, un bataillon d'infanterie et six pièces d'artillerie à cheval. Vous aurez soin que ces colonnes soient bien commandées, et vous en enverrez une vis-à-vis Mühlberg, une sur Strehla et la troisième entre Strehla et Meissen, sur les points où il y avait des bacs. Ces colonnes battront toute la rive et empêcheront tout passage; elles feront construire des blockhaus intermédiaires entre ceux qui existent déjà, de manière qu'au lieu qu'il y en ait toutes les deux lieues il y en ait de lieue en lieue; elles feront voir qu'elles ont de l'artillerie en la promenant le long de la rivière pour la montrer tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, et elles détruiront à coups de canon tous les bateaux de l'ennemi.--Vous formerez deux autres colonnes, chacune de trois à quatre cents hommes de cavalerie légère, cinq cents hommes d'infanterie et deux pièces d'artillerie. Vous les ferez commander par des officiers intelligents qui concerteront leurs mouvements avec le prince Poniatowski, le général Lefebvre-Desnouettes, le général Lorge et le duc de Padoue, pour courir après les partisans ennemis et faire en sorte qu'il n'y en ait aucun entre Leipzig et l'Elbe.--Faites une instruction pour toutes ces colonnes: elles ne doivent jamais passer la nuit dans le lieu où elles auraient vu coucher le soleil. Toutes ces colonnes doivent être très-actives, correspondre entre elles et purger entièrement le pays des partis ennemis.--Le prince Poniatowski est à Waldheim; sa cavalerie légère est à Colditz; elle se liera donc avec la vôtre. Le général Lefebvre-Desnouettes est à Altenbourg, et le duc de Padoue a beaucoup de cavalerie à Leipzig. Mettez-vous en correspondance avec lui. Le prince de la Moskowa est à Pretsch et à Kemberg.--Dans cette position, vous serez à portée de vous joindre au prince de la Moskowa pour couvrir Leipzig et couper à l'ennemi le chemin de l'Elbe, ou bien de prendre l'offensive par Wittenberg pour faire tomber tous les ponts de l'ennemi, ou enfin revenir sur Dresde, sur Chemnitz ou sur Altenbourg, pour s'opposer aux mouvements que l'ennemi pourrait faire de la Bohême. Le duc de Bellune est à Freyberg.--Il va vous arriver d'Erfurth trois mille hommes d'infanterie pour votre corps.--Je donne ordre au général Margaron de renvoyer au premier corps de cavalerie les mille hommes de ce corps qu'il a à Leipzig.
«Napoléon.»
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.
«Dresde, le 28 septembre 1813.
«Monsieur le maréchal duc de Raguse, je vous préviens que, d'après les intentions de l'Empereur, je donne l'ordre au général Lhéritier de réunir tout le cinquième corps de cavalerie à Meissen et de rester dans cette place. Ce général formera deux colonnes, chacune de quatre à cinq cents chevaux, avec deux pièces d'artillerie. L'une sera chargée de la garde de l'Elbe depuis Meissen jusqu'à Riesa, et l'autre de Meissen à Dresde, et il se tiendra avec le reste de son corps à Meissen pour se porter partout où cela serait nécessaire. Par ce moyen, monsieur le duc, vous pourrez ne former que deux colonnes au lieu de trois pour garder la rive gauche de l'Elbe.