«L'Empereur ordonne, monsieur le maréchal, que vous laissiez une brigade d'infanterie, avec sa batterie, pour occuper Meissen jusqu'à ce qu'elle y soit remplacée par d'autres troupes; elle tiendra un bataillon dans la tête de pont. Le pont sera attaché aux piles du pont de pierre. Les canons du château et l'artillerie de la brigade seront mis en batterie sur la rive gauche pour protéger la tête de pont. S'il était à craindre que le pont fût rompu, il serait établi un bac pour la communication d'une rive à l'autre. Sa Majesté vous recommande, monsieur le duc, de laisser un bon général de brigade pour être chargé du commandement de la brigade que vous laisserez à Meissen jusqu'à ce qu'elle soit remplacée. Je vous prie de m'informer de l'exécution de ces dispositions.

«Pour le prince vice-connétable, major général,

«Le général de division, chef d'état-major,

«Comte Monthion.»

NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.

«Dresde, le 28 septembre 1813.

«Mon cousin, je vous suppose aujourd'hui à Wurtzen. L'ennemi, qui avait établi un pont vis-à-vis de l'Elster et qui avait une très-belle tête de pont, a reployé son pont, le général Bertrand l'ayant chassé de Wartenbourg. Ce général a démoli la tête de pont et s'est porté le 26 à l'appui du prince de la Moskowa, qui marchait sur Dessau.--Le général Lefebvre-Desnouettes était toujours à Altenbourg. Il aurait marché sur Zwickau, mais les mouvements de Dessau l'empêchaient de s'éloigner de Leipzig.--Le duc de Castiglione sera avec tout son corps après-demain à Iéna.

«Napoléon.»

LE MARÉCHAL NEY AU MARÉCHAL MARMONT.

«Schleesen, le 28 septembre 1813,
cinq heures du matin.