«Mon cher maréchal, j'ai poussé l'ennemi le 26 et le 27 jusque près de Dessau; il a brûlé ses ponts sur la Mulde et passé l'Elbe. Je ferai, ce matin, la même opération qu'à Wartenbourg, resserrant l'ennemi dans sa tête de pont par les deux rives de la Mulde et la gauche de l'Elbe; mais il est probable qu'il ne laissera personne sur cette rive et qu'il repliera son pont. On a distingué hier un grand mouvement dans l'armée ennemie, vers Roslau, et on a remarqué une colonne marchant sur Zerbst, où est le quartier général du prince royal de Suède, et une autre se dirigeant sur Koswig.

«Il paraît que l'ennemi a fait une ligne de circonvallation à sept cent toises de Wittenberg, et qu'il prépare des batteries pour repousser nos colonnes si elles débouchaient par cette place. Le bombardement a continué cette nuit. J'envoie ce matin le général du génie Blein à Wittenberg pour reconnaître la tranchée ennemie. On pense que c'est Bulow qui est chargé de ce siége, et que Tauenzien est en observation vers l'Elster. Les corps suédois et russes sont vers Koswig et Zerbst. Les Suédois, en quittant Dessau, ont dit qu'ils repassaient l'Elbe, parce que l'Autriche avait fait une paix séparée avec l'empereur Napoléon.

«Je compte établir le général Dabrowski à Acken afin de l'employer à chasser tous les partis ennemis qui peuvent se trouver entre la Saale et la Mulde, et de rétablir insensiblement nos communications avec Magdebourg.

«Je pars pour Dessau.

«Maréchal prince de la Moskowa.»

«P. S. Le général Bertrand est avec ses principales forces à Kemberg. Une de ses divisions est ici et l'autre en arrière de Schmiedeberg et Pretsch. Le général Régnier reste à Oranienbaum. La première brigade du général Guilleminot, avec la cavalerie légère, resserrera l'ennemi dans sa tête de pont de Roslau.»

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.

«Dresde, le 30 septembre 1813,
trois heures du matin.

«L'Empereur me charge de vous faire connaître que le prince Poniatowski a l'ordre de se porter aujourd'hui à Frohbourg, et qu'il dirige sa cavalerie sur Altenbourg et Borna. Le général Lauriston partira à la pointe du jour pour se rendre à Nossen, et enverra une avant-garde sur Waldheim. Ce général se mettra en correspondance avec vous. Le duc de Bellune porte sur Chemnitz une forte division avec de la cavalerie, et l'éclairera fortement du côté de Marienberg; il mettra son quartier général en avant de Freyberg.--Le général Souham, qui a son quartier général sur le chemin de Grossenhayn, à la hauteur du camp retranché de Dresde, a l'ordre de faire partir, à cinq heures du matin, en les faisant passer de la rive droite sur la rive gauche, une batterie de douze et les batteries d'artillerie à cheval, ainsi qu'une division d'infanterie, la brigade de cavalerie légère du général Beurmann, et le quartier général de son corps d'armée. Tout cela se rendra à Meissen par la rive gauche. Arrivé à Meissen, le général Souham renverra la brigade d'infanterie du sixième corps, qui s'y trouve, rejoindre son corps, ainsi que toute l'artillerie qui appartiendra au sixième corps.

«Le prince Poniatowski sera ainsi placé à une journée sur votre gauche. Vous devez correspondre, monsieur le duc, avec le général Lauriston et le prince Poniatowski, pour agir selon les circonstances. Il n'est pas encore démontré que l'ennemi ait fait sur Altenbourg un mouvement considérable d'infanterie; Sa Majesté suppose qu'il a envoyé seulement quelques divisions légères pour soutenir sa cavalerie; il est probable que cela l'éclairera parfaitement dans la journée. Le prince de la Moskowa ayant pris Dessau, l'ennemi a voulu le reprendre en l'attaquant avec la garde suédoise: mais elle a échoué et a été écrasée.