LE MARÉCHAL NEY AU MARÉCHAL MARMONT.

«Bennewitz, le 7 octobre 1813,
six heures du matin.

«Je reçois votre lettre d'hier soir.

«Le général Régnier prend position à Pichen; il établit sur la Mulde, vis-à-vis Colla, un pont qui sera achevé ce matin. Ce général se mettra en communication avec votre corps d'armée à Taucha.

«Le quatrième corps prend la direction de Torgau pour rallier le troisième, s'il est encore près de cette place. Je ne vois pas que le troisième corps puisse être exposé dans sa marche sur Eulenbourg, s'il a reçu l'ordre que vous lui avez donné de s'y rendre, puisque vous m'annoncez que l'ennemi a peu de monde aux environs de cette ville et que vous pensez qu'il opère sur votre gauche. Le duc de Padoue me mande que quelques régiments d'infanterie ennemie doivent être arrivés à Halle.

«Donnez des ordres, mon cher maréchal, pour faire arriver en toute hâte sur Leipzig tous les convois qui peuvent être entre cette ville et Erfurth; il faut rappeler tous les détachements et être serré en masse. Il ne s'agit plus, comme vous le remarquez fort bien, que de gagner du temps; l'Empereur, qui est définitivement en mouvement, ne tardera sans doute pas à faire changer la face des affaires.

«Maréchal prince de la Moskowa.»

LE MARÉCHAL NEY AU MARÉCHAL MARMONT.

«Bennewitz, le 7 octobre 1813,
une heure de l'après-midi.

«Le général Dombrowski, auquel j'avais donné l'ordre de tenir hier jusqu'à quatre heures de l'après-midi le poste de Delitzsch, tandis que votre corps d'armée et celui du général Régnier faisaient leur mouvement, a été attaqué très-vivement par la cavalerie légère ennemie qu'il a toujours repoussée; il est parti de sa position à une heure du matin, et son arrière-garde a été suivie jusqu'à Taucha.