«Mon cousin, mon quartier général est dans le Koll Garten, au village de Rettuis, sur la gauche de la Partha, à peu près à l'intersection des routes de Taucha et de Wurtzen, à une demi-lieue de Leipzig. Mon officier d'ordonnance Caraman me rend compte que vous prenez position à Stameln, Liebenthal et Brettenfeld. Le général Bertrand a ordre de prendre position, la gauche à Göhlis et la droite à la Partha, couvrant le pont de Schönfeld. Il est ainsi en arrière de votre gauche et vous servira de réserve.--Le duc de Tarente a passé à deux heures après midi le pont de Düben et s'avancera demain sur Leipzig.--Il y a eu aujourd'hui une canonnade assez vive. L'ennemi a été repoussé. Nous occupons Liebertwolkwitz, la droite appuyée à l'Elster. L'ennemi se prolonge sur sa gauche ou sur notre droite.--Toute ma garde, cavalerie, infanterie, artillerie, vient se placer autour de mon logement. Il serait bien convenable de remuer un peu de terre, de faire quelques abatis et de planter des palissades où cela peut être utile.--Je vous envoie une relation de la bataille de Gustave-Adolphe qui traite des positions que vous occupez.
«Napoléon.»
LE MARÉCHAL MACDONALD AU MARÉCHAL MARMONT.
«Lindenhain, le 14 octobre 1813,
dix heures et demie du soir.
«Son Altesse le major général m'informe de votre position et de celles que l'armée a prises ce soir. Je me mettrai en marche à deux ou trois heures du matin, suivi du prince de la Moskowa. Dans le cas où l'ennemi déboucherait en grande force sur moi par Delitzsch, et que, sans compromettre le onzième corps, je ne pourrais lui faire face, j'appuierai à gauche pour passer la Partha sur l'un des ponts que m'indique le major général. Le deuxième corps de cavalerie et les deux divisions du premier arriveront, j'espère, à temps pour flanquer ma droite. Je suis instruit que vous devez envoyer au-devant de moi. Je serai fort aise d'avoir de vos nouvelles et de ce que vous aurez vu ou appris.
«Le maréchal duc de Tarente,
«Macdonald.»
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.
«Reudnitz, près Leipzig, le 15 octobre 1813,
dix heures du soir.
«Mon cousin, les rapports de la ville sont que le prince royal est à Mersebourg. On croit ce soir voir beaucoup de feux à Markranstadt, ce qui me ferait supposer que la force de l'ennemi ne se présenterait pas sur le chemin de Halle à Leipzig, mais sur celui de Weissenfels à Leipzig, d'où il se joindrait par Zwickau ou Pégau à l'armée de Bohême. Il est indispensable que vous ayez un officier sur la tour de Lindenau, et que vous en envoyiez un autre à la tour de Leipzig pour y lorgner à la pointe du jour.--Je suis fâché que vous n'ayez pas poussé une reconnaissance jusqu'à Schkenditz.--Il est bien nécessaire que tout votre corps ne reste pas dans la situation où il se trouve si l'ennemi attaquait ailleurs.