«Notre perte dans cette journée a été considérable. Elle a consisté particulièrement en officiers généraux. Le général Richemont, mon chef d'état-major, a été tué à mes côtés. Les généraux Delmas, Friederich et Cohorn ont été blessés mortellement. Les généraux Compans, Pelleport et Choisy l'ont été d'une manière moins grave. Mon sous-chef d'état-major, quatre de mes aides de camp, et cinq officiers de mon état-major ont été tués ou blessés.

«Et, dès ce moment, je dois faire une mention particulière du courage et du zèle que les colonels Denis de Damrémont et Fabvier, employés près de moi, ont montrés.»

LE MARÉCHAL MARMONT À NAPOLÉON.

«20 octobre 1813.

«Sire, je supplie Votre Majesté de me permettre de lui exprimer la vive affliction que j'ai éprouvée à la lecture de son bulletin du 19, qui vient de me parvenir.--Sire, tout ce qui est relatif à la défense de Schoenfeld et de toute la plaine, jusqu'à la hauteur en arrière de Paunsdorf, le 18 octobre, m'appartient tout entier, tant pour la disposition des troupes que pour leur commandement sur le champ de bataille, et non au prince de la Moskowa, auquel Votre Majesté attribue les succès obtenus.--Il a paru à peine en tout dix minutes sur ce point. J'ai été personnellement dix heures sous la mitraille de l'ennemi par la nécessité des circonstances, parce que c'était seulement en payant de sa personne et par la présence du chef qu'un aussi petit nombre d'hommes que celui que j'avais pouvait résister à des forces aussi supérieures que celles qui étaient devant moi. C'est ce jour-là, Sire, que tout ce qui m'environnait a péri.--Jamais, à aucune époque de ma vie, je ne vous ai servi avec plus de dévouement que dans cette occasion.--Il n'y a pas un soldat du sixième corps qui ne puisse l'attester; et cependant Votre Majesté n'a pas daigné prononcer mon nom dans le récit de cette glorieuse journée.--Sire, après l'humiliation et le danger plus grand encore d'être sous les ordres d'un homme tel que le prince de la Moskowa, je ne vois rien de pire que de se voir aussi complétement oublié en pareille circonstance.

«L'objet de mes affections et de mes voeux est d'obtenir votre bienveillance; et Votre Majesté ne saurait me refuser sa justice.»

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.

«Ollendorf, le 22 octobre 1813,
onze heures et demie du soir.

«Monsieur le duc de Raguse, l'intention de l'Empereur est que, avec les troisième, sixième et septième corps d'armée, vous continuiez, demain 23, votre mouvement sur Erfurth, pour prendre position sur les hauteurs, en arrière de la forteresse. Ayez soin d'envoyer à l'avance un officier pour reconnaître la position que vous devrez occuper.

«Le prince vice-connétable, major général,