«Paris, le 7 avril 1813.
«Mon cousin, les cadres des cinq bataillons des 35e, 36e légers, 131e, 132e, et 133e ont dû arriver à Erfurth le 2 avril. Je leur avais donné l'ordre de se rendre à Mayence; depuis, j'ai changé cette disposition. Ils doivent être dirigés par Wurtzbourg sur Ratisbonne, où ces cadres trouveront quatre mille hommes bien armés et bien équipés, venant de l'armée d'Italie. Envoyez donc à leur rencontre et faites-les détourner de la route au point où on les rencontrera.
«Napoléon.»
LE MARÉCHAL MARMONT À NAPOLÉON.
«Hanau, le 8 avril 1813.
«Sire, je reçois les lettres que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le 3 avril. Je ferai en sorte de remplir les intentions de Votre Majesté à l'arrivée des divisions de cavalerie qui doivent venir ici.
«Je viens d'achever la revue de détail de celles des troupes de mon corps d'armée qui sont arrivées ici. J'ai, en général, eu lieu d'être content: et, avec quelques jours donnés à l'instruction, quelques nominations dont les demandes ont déjà été faites, et quelques envois d'officiers pour les corps qui manquent de sujets, ces troupes seront en état de bien servir Votre Majesté. Elles sont animées d'un très-bon esprit. J'aurais déjà adressé au prince de Neufchâtel un rapport circonstancié, corps par corps, si je n'avais pas été obligé d'attendre des états qui me sont nécessaires et n'ont pu encore m'être fournis.
«L'artillerie de la division Bonnet est arrivée aujourd'hui ici et part demain pour rejoindre sa division à Fulde: c'est la seule que j'aie encore reçue. Cette artillerie est fort belle, bien attelée et en fort bon état. Comme les canonniers destinés à la servir ne sont pas encore arrivés, j'ai ordonné de former, par division, un détachement de cent cinquante hommes pris dans les régiments de marine.
«Je supplie Votre Majesté de me faire connaître si, en portant la division Bonnet sur Eisenach, elle ne m'autorise pas à mettre aux ordres de ce général cinq cents chevaux de la cavalerie qu'elle m'annonce.»