«Hanau, le 9 avril 1813.
«J'ai reçu l'ordre de l'Empereur d'envoyer une division sur Vach ou Eisenach, afin d'avoir plus de pays et de ressources pour organiser mes troupes; mais, d'après les nouvelles répandues de la retraite du général Durutte et des mouvements de l'ennemi en avant de la Mulde, j'ai suspendu ce mouvement jusqu'à ce que cette division fût organisée et eût reçu de l'artillerie et de la cavalerie. Elle va recevoir son artillerie, mais je ne suis pas en mesure encore de lui fournir de la cavalerie. On m'assure qu'il y a à Gotha un corps de cavalerie de la garde; s'il en est ainsi, veuillez me le faire connaître, parce qu'alors je pourrais porter des troupes sur Vach sans inconvénient; et, dans ce cas, je vous prierais d'ordonner au commandant de la garde, à Gotha, d'entrer en communication avec le général Bonnet et de s'informer de toutes les nouvelles qu'il aurait de l'ennemi; et, si l'approche de l'ennemi le forçait de se retirer, de se diriger sur Vach, et de rester avec le général Bonnet pour manoeuvrer de concert avec lui, ce général devant se retirer sur Fulde si les circonstances l'exigeaient.
«Veuillez, mon cher maréchal, me faire connaître si ce que j'ai l'honneur de proposer à Votre Excellence vous convient, afin que je puisse donner des ordres en conséquence au général Bonnet.»
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.
«Saint-Cloud, le 9 avril 1813.
«Mon cousin, le général Durutte a envoyé quatorze pièces de canon attelées à Erfurth. J'ai ordonné que ces pièces fussent données à votre corps d'armée. Faites-les prendre aussitôt que vous serez à portée de le faire, sans les compromettre.
«Napoléon.»
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.
«Saint-Cloud, le 10 avril 1813.
«Mon cousin, cinq mille hommes bien habillés et bien équipés sont dirigés des dépôts de France sur Mayence, pour compléter les six cadres de la marine que vous avez laissés à Mayence.