«Le 1er régiment a plus de cent hommes qui manquent de culottes et de pantalons, et qui, s'ils ne les recevaient pas, seraient hors d'état d'entrer en campagne. Cette position est d'autant plus fâcheuse, que le régiment ne peut attendre ces effets de son dépôt, attendu qu'il n'a point reçu les tricots que le ... avait annoncés. Votre Altesse jugera sans doute convenable de prendre une mesure extraordinaire pour faire avoir au 1er régiment de marine les effets qui lui manquent, et je lui demande avec instance de vouloir le faire promptement.»
LE MARÉCHAL MARMONT AUX MEMBRES DE LA COMMISSION DES SUBSISTANCES DE GOTHA.
«26 avril 1813.
«Messieurs, je vous préviens que, d'après les ordres de Sa Majesté, il est indispensable que vous preniez des mesures pour faire diriger sur Erfurth trois mille quintaux de farine, savoir: cinq cents quintaux par jour; cinq mille quintaux de blé, à raison de cinq cents quintaux par jour; dix mille quintaux de viande sur pied, soit vaches, boeufs ou moutons, à raison de mille quintaux par jour; enfin cent mille boisseaux d'avoine, à raison de dix mille par jour, et ce à compter d'aujourd'hui. Je vous prie de me faire connaître le plus promptement possible les dispositions que vous aurez prises pour remplir les intentions de Sa Majesté, afin que je puisse, s'il le faut, y concourir et les assister de la force nécessaire. Je vous prie de me faire connaître également dans quel rapport sont les ressources que les différentes contrées présentent, afin que je puisse prendre des mesures directement si vos efforts ne remplissaient pas le but que j'en attends.»
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.
«Erfurth, le 27 avril 1813.
«Mon cousin, je viens de prendre dans les 123e et 134e régiments de ligne des capitaines pour les faire chefs de bataillon dans le 37e léger, des lieutenants pour les faire capitaines, des sous-lieutenants pour les faire lieutenants et des sergents pour les faire sous-lieutenants. Mon décret va vous être envoyé par le major général. Tous ces hommes sont ici dans la citadelle; faites-les réunir sans délai, et qu'ils partent demain à la pointe du jour, pour qu'avant midi ils soient reconnus et placés dans les compagnies. Il n'y a rien de plus urgent que cela, ce régiment ne pouvant pas marcher avec les officiers ineptes qui s'y trouvent. Vous mettrez en pied tous les sous-lieutenants que je vous envoie, et qui ont tous fait la guerre. Vous renverrez au dépôt d'Erfurth, et vous m'en remettrez la note, tous les capitaines qui n'auraient pas fait la guerre. Vous mettrez à la suite les sous-lieutenants et lieutenants qui seraient dans le même cas. Il est absurde d'avoir dans un régiment des capitaines qui n'ont pas fait la guerre. On verra dans la campagne ce qu'on pourra faire de ceux que vous allez renvoyer au dépôt. Mais, en attendant, le commandement sera dans la main des hommes que je vous envoie.
«Napoléon.»
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.
«Weissenfels, le 1er mai 1813,
deux heures du matin.