Quatrième, comte de Valmy, trois divisions;

Cinquième, le général Millaud, trois divisions.

Enfin on doit ajouter à la masse de ces forces les garnisons des places de Pologne et de Prusse, qui tenaient en échec plus de cent mille hommes à l'ennemi.

Si les soldats, qui composaient cette armée eussent été plus âgés et plus instruits, jamais on n'aurait rien vu de plus formidable.

Napoléon avait préparé ses mouvements par divers travaux exécutés sur l'Elbe. Si l'enceinte de Dresde, détruite en 1809 par ses ordres, eût existé alors, elle lui aurait servi puissamment au début des opérations. On dut y suppléer par des travaux de campagne. Ces travaux, faits à la hâte, occupaient un trop vaste espace pour leur nombre. Jamais ils ne purent acquérir une force suffisante pour mettre Dresde en sûreté, sans une armée pour les occuper. Or, dans le plan de campagne qu'adopta Napoléon, il aurait fallu que la ville de Dresde, pivot de ses opérations, fût à l'abri d'un coup de main, et susceptible d'être abandonnée momentanément à elle-même.

Au nombre des points que Napoléon fit fortifier, je parlerai de Lilienstein, où un camp retranché pour quelques milliers d'hommes fut construit. Deux ponts sur l'Elbe furent établis sous Königstein. Ils donnaient la possibilité de se mouvoir, par une ligne très-courte, de la Silésie et la Lusace, sur les débouchés de la Bohême. Par leur moyen, Napoléon comptait se porter rapidement sur Dresde et sur les derrières de l'ennemi, pendant qu'il serait contenu par cette place.

Au moment où l'armistice fut rompu, Napoléon m'écrivit deux très-longues lettres pour m'en prévenir, me faire connaître le plan de campagne qu'il projetait, et me demander mon avis. Ce plan était à peu près celui qu'il a suivi. Je lui répondis en le discutant, en blâmant, de toutes mes forces, son système, et voici quels étaient mes motifs [3].

[Note 3: ] [ (retour) ] Voir pièces justificatives.

Napoléon, au lieu de concentrer ses forces, se décidait à les diviser en trois parties, formant trois armées indépendantes: une en Silésie, une à Dresde, une dans la direction de Berlin.

Personne, dans l'armée, n'avait l'autorité nécessaire pour commander plusieurs corps d'armée à la tête desquels étaient des maréchaux. Napoléon seul pouvait se servir de semblables éléments.