Le deuxième corps, duc de Bellune, qui était à Magdebourg. Il fut formé fort tard, et il ne put prendre part à la première partie de la campagne.
Les cinquième, onzième et douzième corps, commandés par le général Lauriston et les maréchaux Macdonald et Oudinot, chacun de trois divisions (cohortes). Ils avaient déjà rejoint le vice-roi.
Enfin, aux forces ci-dessus il faut ajouter la garde impériale, dont l'infanterie s'élevait à quinze mille hommes et la cavalerie à quatre mille, seule cavalerie, au reste, qui fût alors disponible dans toute l'armée. Ces forces, organisées pendant le cours de l'hiver, étaient en état de rentrer en campagne à la fin d'avril. Cependant l'Empereur ne se contenta point de ces préparatifs, quelque considérables qu'ils fussent déjà. Il ordonna encore bien d'autres levées. De plus il stimula les alliés pour remplacer leurs contingents, dont, il est vrai, il ne restait presque plus que le souvenir. Les effets de ces mesures extraordinaires, soutenues par une grande activité et une puissante volonté, se firent sentir successivement pendant le cours de la première partie de la campagne et de l'armistice qui s'ensuivit. Des secours de toute nature ne cessèrent d'arriver, en sorte que l'armée se trouva, à la fin de l'été, composée, il est vrai, en grande partie de très-jeunes soldats, peu en état de supporter longtemps les fatigues de la guerre, mais aussi forte en nombre d'hommes et en chevaux qu'elle eût jamais été. Ce n'est pas, au surplus, le moment d'entreprendre cette partie de mes récits. Nous en sommes seulement à présent à la formation des troupes entrant les premières en ligne, après les désastres survenus en Russie, et qui combattirent à Lutzen.
Je me rendis à Mayence, où j'arrivai le 24 mars, encore très-souffrant de ma blessure reçue en Espagne. Mes plaies, encore ouvertes, exigeaient des soins journaliers, et mon bras était encore sans aucun mouvement. Beaucoup d'autres, à ma place, eussent réclamé du repos pour assurer leur guérison; mais le repos, au milieu du mouvement de la guerre, eût été pour moi une maladie mortelle. Je n'étais pas encore rassasié de cette vie de périls et d'émotions qui échauffent le coeur, exaltent l'esprit, décuplent l'existence. Le temps et les malheurs ne m'avaient pas encore désenchanté en me montrant les illusions dont elle est souvent remplie.
Les dispositions de l'Empereur avaient ordonné la formation de mon corps d'armée en quatre divisions d'infanterie; mais la quatrième, n'ayant eu qu'une organisation incomplète, reçut peu après une autre destination. Mon corps d'armée ne se composa donc réellement, pendant toute la campagne, que de trois divisions formées de quarante bataillons. Quinze de ces bataillons appartenaient à l'artillerie de la marine. Ils étaient composés moitié d'anciens soldats, et l'autre moitié de recrues, incorporées au moment où ils se mirent en marche des grands ports où ils tenaient garnison. Les vingt-cinq autres bataillons furent composés, savoir: du 37e léger, nouveau corps, mais formé de vieux soldats tirés par détachement des compagnies départementales; de vingt troisième et quatrième bataillons de différents régiments des armées d'Espagne, organisés en régiments provisoires; enfin, d'un bataillon espagnol.
1er régiment d'infanterie de la marine, quatre bataillons.
2e régiment, infanterie de marine, six bataillons.
3e régiment, infanterie de marine, deux bataillons.
4e régiment, infanterie de marine, trois bataillons.
37e léger, deux bataillons.