«Le prince vice-connétable, major général,
«Signé: Alexandre.
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.
«Dresde, le 19 juillet 1813.
«Mon cousin, je désirerais que Buntzlau, qui offre une position centrale, contint deux manutentions, chacune de huit à dix fours. Je désirerais que la ville pût être fortifiée, de manière qu'en quinze à vingt jours de travail deux bataillons pussent y protéger un hôpital, les deux manutentions et des magasins. Les deux grands moyens défensifs de ce genre sont les eaux et les bois. Vous devez avoir des bois près de Buntzlau. Vous avez des moyens de transport, puisque vous avez tous les chevaux de trait de votre corps d'armée. Vous avez des sapeurs, des pionniers. Les canonniers de la marine sont surtout propres à ces travaux. Quant aux eaux, il faut étudier si l'on peut remplir les fossés de la ville. Si on le peut, faites-y travailler vingt-quatre heures après la réception du présent ordre. Vous sentez de quel intérêt il serait de pouvoir placer à Buntzlau, sous la garde de deux bataillons et de vingt pièces de canon, un hôpital de deux mille malades ou convalescents, quelques millions de rations de biscuits, de farines et de riz, et beaucoup d'embarras d'artillerie.--Autant que je puis m'en souvenir, Buntzlau a des fossés et une muraille. Ce serait donc ces fossés qu'il s'agirait de bien établir, ces murailles et tourelles qu'il faudrait organiser pour l'artillerie, en les garnissant de gabions et de saucissons, les fossés qu'il faudrait remplir d'eau, et enfin quelques lunettes qu'il faudrait tracer et élever.--Il n'y a pas de moment à perdre; vous entendez la matière. Vous pouvez y mettre six mille ouvriers, en faisant fournir deux mille travailleurs par votre corps d'armée et en réunissant deux à trois mille paysans.
«Napoléon»
LE MARÉCHAL MARMONT À NAPOLÉON.
22 juillet 1813
«Sire, j'ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le 19 juillet pour me donner ses ordres relatifs à Buntzlau. Cette ville étant placée au bas d'un long amphithéâtre, les localités sont peu favorables à la fortification. Cependant il m'a paru, après avoir étudié son enceinte avec soin, qu'il était possible de remplir les intentions de Votre Majesté, et je viens d'arrêter les travaux à exécuter.
«Ils commenceront demain et seront poussés avec une grande activité. J'aurai l'honneur d'adresser demain à Votre Majesté un plan de Buntzlau, avec un rapport détaillé sur les ordres que j'ai donnés.