LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.
«Dresde, le 1er septembre 1813.
«Monsieur le maréchal duc de Raguse, l'intention de l'Empereur n'est pas de pénétrer en Bohême: cette opération n'est pas encore dans la ligne de sa position militaire. L'intention de Sa Majesté est que le maréchal Saint-Cyr et le duc de Bellune soient en première ligne pour observer les frontières; l'un ayant son quartier général à Pirna, l'autre l'ayant à Freyberg: que vous, monsieur le duc, le maréchal duc de Trévise et le corps du général Latour-Maubourg, soyez groupés autour de Dresde, pour former une réserve, disposée de manière à pouvoir marcher partout où les circonstances l'exigeraient. En conséquence des dispositions générales ci-dessus, l'Empereur ordonne que vous vous portiez avec votre corps d'armée sur Dippoldiswald, laissant des colonnes en arrière pour masquer votre mouvement: il sera nécessaire que vous vous concertiez avec le maréchal Gouvion Saint-Cyr et avec le duc de Bellune, auxquels j'ai prescrit les dispositions suivantes:
«Au maréchal Saint-Cyr: de placer son quartier général à Pirna et de prendre position, la gauche à l'Elbe, couvrant les deux routes de Peterswald et de Dohna et observant le défilé d'Altenbourg;
«Au duc de Bellune: de placer successivement son quartier général dans la direction de Freyberg, en échelonnant son corps de manière à pouvoir se porter sur Dresde ou sur des colonnes ennemies qui déboucheraient par Marienberg, Sayda, ou tout autre point de cette ligne. Faites-moi connaître quand vous occuperez la position définitive qui vous est assignée.
«Le prince vice-connétable, major général,
«Alexandre.»
LE MARÉCHAL MARMONT À NAPOLÉON.
«2 septembre 1813.
«Sire, je reçois la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire. Je n'exécute pas l'ordre qu'elle contient, parce que les circonstances sont de nature à en rendre l'exécution impossible, et que, faute apparemment de m'être bien expliqué, Votre Majesté ignore le véritable état des choses.