«Votre ligne d'opérations doit être d'Hoyerswerda sur Dresde.

«Le prince vice-connétable, major général,

«Alexandre.»

LIVRE DIX-HUITIÈME

1813

Sommaire.--Opérations sur la route de Berlin.--Combat de Grossbeeren (23 août).--Retrait d'Oudinot sur Wittenberg.--Le maréchal Ney remplace le maréchal Oudinot.--Opérations en Silésie sous les ordres du duc de Tarente.--Combat de la Katzbach.--Belle défense de la division Puthod.--L'Empereur se porte au secours de l'armée de Silésie.--Retour de l'Empereur à Dresde.--Revers du maréchal Ney en Prusse.--Retraite de l'armée de Silésie sur Dresde.--Entretien du duc de Raguse avec l'Empereur.--Opération des diverses armées pendant le mois de septembre.--Manoeuvres du sixième corps pour couvrir Leipzig.--L'ennemi prend l'offensive (2 octobre).--Napoléon forcé de déplacer le théâtre de la guerre.--Conversation de l'Empereur avec Marmont.--Manoeuvres autour de Leipzig.--Erreur de Napoléon.--Mouvement rétrograde du sixième corps.--Bataille de Leipzig.--Journée du 17 octobre.--Marmont blessé.--Pertes du sixième corps.--Journée du 18 octobre.--Défection de la cavalerie wurtembergeoise et de l'armée saxonne.--Le sixième corps chargé de défendre Leipzig.--Évacuation de la ville.--Destruction prématurée du pont sur l'Elster.--Retraite sur Weissenfels. Les fricotteurs.--Combat de Hanau, 30 octobre.--Entrée à Mayence, 2 novembre 1813.

Il faut maintenant rendre un compte succinct de ce qui s'était passé en Silésie et dans la direction de Berlin. On se rappelle la passion qui animait l'Empereur contre la Prusse, et son désir de se venger d'elle sans retard. Il avait donné l'ordre au duc de Reggio, dont l'armée était composée des quatrième, septième et douzième corps, et du troisième de cavalerie, de marcher sur Berlin, aussitôt après l'ouverture de la campagne. Mais cette tâche était au-dessus de la portée du chef qu'il avait choisi. Oudinot, homme excellent et brave soldat, était peu propre au commandement en chef d'une armée nombreuse. Il ne possédait pas la force d'esprit nécessaire pour conduire une opération combinée, dont la durée doit embrasser plusieurs jours.

À l'expiration de l'armistice, Oudinot réunit son armée à Dahme, et s'avança sur Baruth. Le 19, il prit position entre Baruth et Lackenwald, et y séjourna le 20. Toutes les troupes alliées en présence étaient éparpillées et cantonnées jusqu'à Berlin et Postdam. Une seule brigade de quatre bataillons, commandée par le général de Thümeu, les couvrait contre l'armée française. Le 21, Oudinot continua son mouvement; le quatrième corps opérant à droite, se dirigeant sur Sperenberg et Saalow; le septième, au centre, par le bois de Kummersdorf, sur Ludersdorf et Gatzdorf, vers Christinendorf, et le douzième, à gauche, par Goltow, à Scharfenbrück sur Trebbin.

Les Prussiens se retirèrent sur le défilé de Thyrow, après un double combat qui mit le septième corps en possession du village de Nunsdorf, et le quatrième de celui de Mellen. Dans la nuit du 21 au 22, l'armée française était placée de la manière suivante: le quatrième corps à Dergiscow; le septième, à Nunsdorf et Christinendorf, et le douzième, à Trebbin.

En avant de cette position, les marais à traverser offrent trois passages: 1° celui de Juhnsdorf; 2° celui de Wittstock; 3° celui de Thyrow.