[19] La machine infernale ne remplit pas son but, qui était d'atteindre le premier consul; mais elle n'en causa pas moins la mort d'une vingtaine de personnes et en blessa cinquante-six plus ou moins grièvement. On vint au secours de tous les malheureux blessés suivant que les blessures étaient plus ou moins graves. Le maximum des secours fut de 4500 francs, et le minimum de 25 fr. Les orphelins et les veuves furent pensionnés, ainsi que les enfans de ceux qui avaient péri; mais seulement jusqu'à leur majorité; ils devaient toucher à cette époque 2000 francs pour leur établissement.

Voici les noms des personnes qui reçurent des secours par ordre du premier consul, avec le montant des sommes qui leur furent allouées:

fr.
Bataillé (Mme), épicière, rue St-Nicaise 100.
Boiteux (Jean-Marie-Joseph), ci-devant frère de la Charité 50.
Bonnet (Mme), rue Saint-Nicaise 150.
Boulard (veuve), musicienne, rue J.-J.-Rousseau 4000.
Un second suplément lui fut accordé à cause de ses blessures, il fut de3000.
Bourdin (Françoise Louvrier, femme) portière, rue Saint-Nicaise 50.
Buchener (Louis), tailleur, rue St-Nicaise 25.
Chapuy (Gilbert), officier-civil de la Marine, rue du Bac 800.
Charles (Jean-Etienne), imprimeur, rue Saint-Nicaise 400.
Clément, garçon maréchal, rue du Petit-Carrousel 50.
Cléreaux (Marie-Joséphine Lehodey), épicière, rue Neuve-de-l'Egalité 3800.
Colinet (Marie-Jeanne-Cécile), revendeuse à la halle 200.
Corbet (Nicolas-Alexandre), employé par l'état-major de la 17edivision, rue St.-Honoré 240.
Couteux, vermicellier, rue des Prouvaires 150.
Duverne (Louis), ouvrier serrurier, rue du Harlay 1000.
Fleury, (Catherine Lenoir, veuve), rue de Malte 50.
Fostier (Louis-Philippe), remplaçant au poste de la rue Saint-Nicaise 25.
Fridzery (Alexandre-Marie-Antoine), musicien aveugle, rue St-Nicaise 750.
Gauthier (Marie Poncette, fille), rue de Chaillot 100.
Harel (Antoine), garçon limonadier, rue de Malte 3000.
Hiblot, (Marie-Anne, fille), rue de Malte 240.
Honoré (Marie-Thérèse Larne, veuve), rue Marceau 100.
Honoré (Thérèse, fille), ouvrière 50.
Huguet (Louis), cuisinier aux Champs-Élysées 50.
Jardy (Julien), remplaçant au poste Saint-Nicaise 100.
Kalbert (Jean-Antoine), apprenti menuisier 100.
Lambert (Marie-Jacqueline Gillot, femme), rue Fromenteau 100.
Leclerc, élève en peinture, mort à l'hospice 200.
Lefèvre (Simon-François), garçon tapissier, rue de la Verrerie 200.
Léger (madame), limonadière, rue St.-Nicaise 1500.
Lepape (Elisabeth Satabin, femme), portière, rue Saint-Nicaise 300.
Lemière (Nicolas), rue de Malte, tenant maison garnie 400.
Lion (Pierre-Nicolas), domestique, allée d'Antin 600.
Masse (Jean-François), garçon marchand de vin, rue des Saints-Pères 150.
Mercier (Jean-Baptiste), rentier, rue Saint-Honoré 4000.
Orilliard, (Stéphanie-Madeleine, fille) couturière, rue de Lille 900.
Palluel, portier, rue Saint-Nicaise 50.
Preville (Claude-Barthelemi), tapissier, rue des Saints-Pères 4500.
Proverbi (Antoine), homme de confiance, rue des Filles-Saint-Thomas 750.
Regnault (femme), ouvrière, rue de Grenelle-Saint-Honoré 200.
Saint-Gilles (Louis, femme), ouvrière en linge, galerie des Innocens 400.
Selleque (veuve), rue Saint-Denis 200.
Thirion (Jean), cordonnier en vieux, rue Saint-Nicaise 25.
Trepsat, architecte, rue de Bourgogne 4500.
Varlet, rue Saint-Louis, remplaçant au poste Saint-Nicaise 25.
Warmé, marchand de vin, rue Saint-Nicaise 100.
Vitriée (Elisabeth, femme), cuisinière, rue Saint-Nicaise 100.
Vitry, perruquier, rue Saint-Nicaise 50.
Wolff (Arnoult), tailleur, rue de Malte 150.
Zambrini (Félix), garçon glacier chez Corazza 600.
Banny (Jean-Frédéric), garçon traiteur, rue des Grands-Augustins 1000.
Barbier (Marie-Geneviève Viel, veuve), rue Saint-Honoré 1000.
Beirlé (Alexandre), marchand gantier-peaussier, rue Saint-Nicaise 800.
Boyeldieu (Marie-Louise Chevalier, veuve), rue Sainte-Placide 1000.
Orphelins: Lister (Agnès, Adélaïde) 1200.
Mitaine (Jeanne Prévost, veuve), rue de Malte 450.
Platel (Jeanne Smith, veuve) 1000.

La recette générale fut de 77,601 fr.; le surplus fut placé au Mont-de-Piété pour payer les pensions. (Note de l'éditeur.)

[20] Auteur de l'Ambigu et d'une foule de pamphlets très-spirituels contre Bonaparte et sa famille. (Note de l'éditeur.)

[21] Sans chercher à innocenter M. le duc de Rovigo qui s'est si mal justifié lui-même de sa participation au meurtre du duc d'Enghien, nous ferons observer que Fouché est ici un peu suspect de partialité; il n'aimait pas M. de Rovigo qui fut chargé plus tard de le remplacer au ministère de la police. (Note de l'éditeur.)

[22] Le tribun Curée.

[23] Le prince de L..., le prince de C...., et le prince de M...

[24] Dans son livre du Prince, chap. XVIII. (Note de l'éditeur.)

[25] Aujourd'hui Mme la comtesse du Cayla. (N. de l'éd.)