Barras, prenant la parole une troisième fois, salue et dit:

À la Constitution de l'an III. Puissent tous les Français demeurer unis autour d'elle! périssent toutes les factions qui voudraient l'anéantir!

Le Conservatoire chante aussitôt:

Veillons au salut de la France[91], etc.

On voit que le Conservatoire avait le talent de la réplique.

Barras une quatrième fois se levant:

Au Corps-Législatif.

Au même instant, le président du conseil des Cinq-Cents, qui n'était autre que le citoyen Sieyès, se lève aussi, et avec un air tout à fait joyeux s'incline vers les cinq directeurs, et dit à haute voix:

Et au Directoire!... Que ces deux premières autorités soient réunies dans nos vœux comme elles le sont mutuellement dans leur commun et constant amour pour la République!

Ce qui fut curieux, c'est que le Conservatoire ne trouva rien à dire pour réponse à ces deux belles protestations d'affection aussi fausses l'une que l'autre, qu'une longue et majestueuse symphonie!