Vous me refusez!
MADAME DE GENLIS.
Croyez que je n'en suis pas moins sensible à votre bonté pour moi, madame; mais j'ai l'honneur de vous dire que je ne puis accepter.
MADAME PRIVAS.
Mais pourquoi? Songez donc que nous vous donnerons douze mille francs par an, si vous voulez venir vivre avec nous. L'hiver, nous occupons un bel hôtel dans la rue Saint-Dominique; et l'été, nous le passons tout entier dans une superbe terre que M. Privas vient d'acheter en Bourgogne, près d'Autun.
MADAME DE GENLIS, avec émotion.
Près d'Autun!... C'est dans les environs d'Autun qu'est le château qui appartenait à mon père, et où j'ai passé mon enfance!... Mais, encore une fois, madame, recevez mes remerciements, sans chercher à ébranler ma résolution; elle est positivement arrêtée, et pour vous éviter toute insistance, je dois vous dire que jamais je ne sacrifierai ma liberté; je suis et veux rester indépendante: voilà mon dernier mot.
Hé bien! vous avez tort: vous seriez toujours indépendante, parce que vous auriez en nous des amis... et écoutez donc, voyez-vous, des amis qui ont cinq millions de fortune, c'est beau, ça!...